slow travel cest quoi voyager doucement

Je vous parle de voyage et de nomadisme depuis quelques années maintenant. D’ailleurs en 2020, je vais tâcher d’être plus régulière à ce propos et de vous faire découvrir à la fois notre mode de vie un peu singulier et les jolies destinations où nous vivons en Asie. Aujourd’hui, je vais vous parler à la fois de voyage et de mode de vie slow. Nous sommes en janvier, vous êtes peut-être en train de planifier vos futures vacances. Et peut-être que vous aurez envie cette année d’adopter un rythme plus doux et plus lent pour profiter de vos vacances. Mais au fait, c’est quoi le slow travel?

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Et si on arrêtait de consommer les pays où l’on voyage?

L’an passé, la France a découvert que ses déchets étaient envoyés dans certains pays d’Asie, comme c’est le cas en Malaisie. Il y a eu à plusieurs reprises des reportages sur la pollution sur certaines îles – pollution liée en partie à une activité touristique intense. C’est le cas en Indonésie par exemple. J’ai aussi pu lire quelques articles à propos des “places to be” quand on voyage, autrement dit les spots où il faut absolument aller quand on visite un nouveau pays. Ces derniers articles montraient d’ailleurs les revers de ce coup de projecteur offert par les influenceurs: des files d’attentes pour prendre LA photo, des déchets à droite à gauche, des voitures et des scooters à profusion dans un lieu naturel pas du tout adapté. Et c’est comme ça par exemple que la Thaïlande a décidé il y a deux ans de fermer la plage qui a servi au tournage du film The Beach avec Leonardo DiCaprio.
Pour moi, le slow travel, ce n’est pas uniquement prendre son temps pour voyager. Evidemment, c’est le cas, mais ce n’est exclusivement ça. C’est aussi un refus de consommer et sur-consommer les destinations où l’on voyage. On vous parle d’écologie, on vous parle d’empreinte carbone, on vous parle de zéro déchet, de consommation responsable… Tout ça, ça s’applique aussi au voyage et aux vacances. J’ai eu l’occasion très souvent de penser à cette thématique. On en a rencontré des gens qui courent dans tous les sens et après la montre pour voir tout ce qui a à voir. Mais bordel, à quoi ça sert de courir? Surtout en Asie où dans la plupart des pays que nous avons fait, la nonchalance fait partie du plaisir et de la culture. D’où vient ce besoin de consommer le voyage comme certains le font – très souvent inconsciemment?
Voilà les réponses que j’ai trouvé pendant mes méditations personnelles:

  • Une envie de rentabiliser le voyage – Partir à 10 000 km de la France, ça a un coût, donc on veut en avoir pour son argent.
  • Une envie de profiter parce que c’est peut-être la seule fois où on ira – Ca marche beaucoup pour les backpackers qui font le tour d’Asie en 9 mois ou le tour du monde en 12 et en sautant l’Afrique, l’Inde, la Chine et la Russie… Du coup, le tour du monde est vachement réduit par rapport à sa taille réelle. Et oui, la plupart des backpackers n’auront pas l’opportunité de faire 2 ou 3 fois un tour du monde vu qu’à leur retour, la vie active les attend.
  • Il  y a aussi une notion d’éducation là dedans – Même pendant les vacances, c’est mal vu de ne rien foutre et de se reposer. Il faut voir ce qui est à voir, découvrir ce qui est à découvrir… Sans se poser de question. Et quand on rentre, on peut en mettre plein la vue à nos proches.
  • Les influenceurs ont un rôle aussi là-dedans. Perso, j’ai un gros soucis avec eux et on ne se cache pas de leur montrer quand on en croise. A vendre un mode de vie idyllique, il crée une espèce de besoin chez les gens normaux – comme vous et moi – besoin d’avoir une vie elle aussi merveilleuse. Même si pour cela on salope les pays où l’on va.
  • On en veut beaucoup sans effort – Ca je l’ai découvert avec un gamin de 25 piges en Thaïlande qui voyageait en Asie et qui vivait de temps à autre au Vietnam pour donner de cours. Pour lui, lire la fiche Wikipédia d’une ville et / ou d’un pays était suffisant pour le connaitre. Bonjour le trou du cul!

Donc au final, quand on écrit noir sur blanc les différentes causes possibles de sur-consommation des vacances, on se rend vite compte qu’elles sont nombreuses. On voit aussi qu’il y a pas mal de comportements dont on n’a pas conscience au final. C’est les vacances, on voyage, on ne se prend pas la tête. Le slow travel est donc une manière de voyager qui est très singulière et alternative à l’idée classique que l’on a des vacances.

Slow travel – Prendre le temps de découvrir les cultures

A courir d’un endroit à un autre, d’un monument à un autre, d’une réserve naturelle à une autre, en plus de saloper l’environnement de vos vacances, vous n’avez pas le temps de découvrir vraiment les cultures des pays que vous visitez. On le voit avec les tours-d-Asie-en-9-mois, ils restent 2 à 3 semaines en Thaïlande, 2 semaines en Birmanie, 2 semaines au Laos, etc. Ok pourquoi pas!
Mais en 3 semaines, tu as vu quoi de la culture thaïlandaise? Tu as vu quoi du bouddhisme? Tu as peut-être remarqué que les thaïs étaient très polis et qu’il fallait toujours prendre des précautions quand ils t’indiquent le chemin. Mais sais-tu d’où ça vient? A notre dernier visa en Inde, notre pote Caro est venue nous rejoindre et on est tombé sur des festivals hindous. J’ai pu lui expliquer certains rituels, mais ça, je ne l’ai pas trouvé dans un bouquin et encore moins sur le web. J’ai compris comment ça marchait en parlant avec nos copains indiens, en observant très souvent comment ça se passait. Et si elle avait suivi le gars avec qui elle voyageait à ce moment là, notre pote Caro n’aurait même pas vu cette cérémonie. Lui, il n’est resté que 2 nuits à Pondy.
On voit aussi certaines chose “à voir” quand on voyage. Il y a quelques mois, nous étions à Kanchanaburi, on est allé voir le pont de la rivière Kwaï. Quand on était en Inde, on a vu le Gange par exemple (et on a eu la chance de le voir à différentes saisons, avec différents modes de vie qui s’articulent autour…). Quand on était au Népal à Katmandou, on a vu Durbar Square par exemple. Mais la plupart du temps, on cherche à voir différemment. Je reviendrai après sur les “incontournables” qu’on a eu aucun mal à contourner. En revanche, je m’estime très chanceuse de mieux comprendre comment fonctionnent certaines religions ou quelques détails culturels très différents de l’Europe.

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On nous regarde toujours bizarre quand on explique comment on voyage

On croise 3 types de voyageurs depuis un peu plus de 3 ans: Il y a les gens comme nous, qui voyagent lentement et qui profitent des petits détails de chaque pays. Les gens comme nous sont des nomades qui travaillent en ligne et ils sont rares. Les gens comme nous sont aussi des retraités qui ont le temps et l’argent pour voyager sans avoir à courir. Deuxième catégorie de personnes en Asie, ce sont les touristes. Honnêtement, on en croise peu parce que les touristes n’ont pas le même budget que nous. Ils sont dans de beaux hôtels avec un confort plus prononcés que les guesthouses dans lesquelles nous vivons. Ils ne vont pas dans les même restaurants. Ils ne se déplacent pas de la même manière. On le sent beaucoup en ce moment. Je suis en Indonésie, c’est plein de touristes. On n’est pas fan et on pense à partir avant la date qui était prévue. Enfin, dernière catégorie de voyageurs: les backpackers qui sont là pour un temps donné et qui courent. Quand on est motivé, on parle avec eux. Et là, notre manière de voyager les rend perplexes. En même temps, on ne se gène pas pour leur mettre sous le nez les aberrations de leur mode de vie. Bah ouais, tu peux me faire chier avec ton véganisme, mais tu es quand même en train d’utiliser la consommation d’un an de pétrole du Pérou pour ton trip en Asie. Donc bon… Tu peux comprendre que je mange de la viande une fois de temps en temps et que je n’utilise pas de scooter pour faire le tour d’une île en 2 heures. Plus sérieusement, cette incompréhension se fait à plusieurs niveaux. Surtout quand on dit qu’on a jamais visité le Taj Mahal, qu’on n’a pas rencontré les tribus perdues au fond du Laos ou encore qu’on n’a pas fait de balade à dos d’éléphant.

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Comment est-on arrivé à voyager lentement?

Quand on vivait encore en France, on ne partait pas souvent en vacances, on n’avait pas forcément les moyens. Flo et moi, quand nous étions gamins, nous avons eu des expériences de vacances très différentes. Lui était habitué au camping avec toute sa famille. De mon côté, on était plus hôtel à l’étranger en pension complète (j’ai 36 ans, quand j’étais gosse le “all inclusive” ça n’existait pas!). Donc quand on a pu s’offrir des vacances, on a tâché de trouver le juste milieu: le confort de l’hôtel et de la piscine pour moi, et, pour Flo des paysages et de la nature, ainsi qu’une certaine authenticité. Avec du recul, je me rends compte que c’était les prémices de notre vie nomade ou du moins, ça donnait le ton, surtout pour le côté nature et authenticité. Déjà à cette époque, on préférait largement faire de longues promenades à pied que de chopper un taxi pour faire le tour des choses à voir en une ½ journée.
Ensuite, la décision de voyager lentement c’est imposée à nous assez vite quand on est arrivé en Asie en 2016. On est arrivé en Inde, le décalage entre la France et l’Inde était énorme. On aurait pu courir mais on serait rentré au bout de 6 mois complètement démoralisés je pense. On a préféré prendre le temps de s’habituer (à la chaleur, au monde, à la bouffe, aux transports, à la pollution…). Il y a aussi le fait que je bosse. Il m’a fallu 2 ans pour trouver un équilibre entre le voyage et le travail mais maintenant, je pense que je suis sur la bonne pente. Les gens pensent que je passe ma vie en vacances. Il suffit de me voir quelques jours pour comprendre que les seuls jours de vacances que je prends, ce sont les jours où l’on est dans les transports. Mes articles sur le blog ne s’écrivent pas tout seul, les vidéos Youtube non plus, même si elles sont plus rares. Voyager plus lentement me permet de travailler et de découvrir les pays. Si j’avais un rythme plus soutenu de voyages, je ne pourrais pas écrire et travailler de manière régulière et de manière approfondie.
Donc évidemment, vous qui partez en vacances, c’est pour couper avec le boulot, vous n’avez pas à bosser (je l’espère) depuis votre transat. En revanche, la découverte du pays, même si c’est sur 3 semaines, vous pouvez l’approfondir sans courir dans tous les sens.
Depuis 2016, j’ai aussi pris conscience d’une chose primordiale dans l’idée de slow travel; On ne peut pas tout voir et tout savoir… Même si un tour opérateur vous vend un tour complet de la Thaïlande en 3 semaines, vous n’aurez pas tout vu du pays. Et c’est pas grave. On s’en fiche. Au pire, ce sera l’occasion de revenir et de voir d’autres choses. C’est très réducteur de croire qu’on peut voir un pays le temps des vacances. Vous pensez que c’est possible de bien connaitre la France et avoir tout vu en 1 mois? Non… C’est pareil pour les autres pays. Et si vous avez aimé ce que vous avez vu une première fois, ce sera l’occasion de revenir et de découvrir encore de nouvelles facettes de ce pays.

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Donc voilà, le slow travel est une approche du voyage qui est sensiblement différente de ce qu’on nous vend depuis plusieurs décennies. En revanche, à mon sens, prendre le temps est plus important que de tout voir. Vus reviendrez de vacances vraiment reposé et vous aurez sûrement vu et appris des choses que vous n’auriez jamais imaginées.


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