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En vouloir moins, en avoir moins, réussir à en garder moins… Ce sont différentes étapes quand on tend à devenir minimaliste. Alors que Voltaire faisait dire à Candide qu’il fallait cultiver son jardin. Moi, je vous propose de cultiver votre détachement aux objets (mais pas que…) Faire du tri n’est pas la seule solution pour vivre dans un univers moins mais mieux. C’est toute notre relation à l’objet qu’il faut regarder d’un autre oeil.

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Pourquoi sommes-nous autant attachés aux objets?

Comment être écrire cette partie sans passer pour ce que je suis… C’est une question que je me suis posée à de nombreuses reprises et elle continue d’être dans un coin de ma tête. Il y a plusieurs réponses à la question: “Pourquoi un tel attachement aux objets?”
Je crois qu’il y a une dimension sociétale (c’est la version polie du “on vit dans un monde capitaliste qui nous fait croire que pour exister il faut posséder”). Quand on regarde ce que nos grands-parents possédaient quand ils étaient jeunes (enfants ou jeunes adultes) et ce que nos enfants possèdent, on se rend compte que cela à bien changer. Je le vois aussi grâce à mes voyages. Les gens en Asie (ceux qui ne sont pas riches, hein!) ne possèdent pas nécessairement beaucoup. En France et en Europe globalement, c’est normal d’avoir et on nous invite à avoir toujours plus. Même si on a déjà deux télés, on se dit qu’une 3ème dans la cuisine serait peut-être une bonne idée.
Je suis convaincue aussi qu’on a un attachement psychologique aux objets. On place une importance, des sentiments dans certains objets. Moi j’étais bonne là dedans. Entre le ça-peut-servir et le ça-m-a-été-offert. Difficile de se détacher des objets. Je reviendrai après sur la méditation, mais elle m’a permis pour certains objets de me séparer de cet attachement psychologique. Ce détachement ne se fait pas du jour au lendemain, c’est un processus assez long.
Enfin, il y a une dimension existentielle de l’objet. Il remplit une espèce de vide. J’ai peur du vide – au sens propre comme au sens figuré. Bon, j’ai encore et toujours des sueurs froides quand je suis en hauteur. En revanche, le vide autour de moi (par l’absence d’objets ou l’absence tout court), je m’y fais de plus en plus et j’apprécie même cette absence. Les objets, c’est comme la télé qu’on allume quand on rentre pour avoir un bruit de fond. Flo le faisait. Certaines de mes copines le faisaient aussi. Le silence, le vide sont dérangeants. Et pour éviter d’être dérangé(e), on remplit.

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Pourquoi chercher à être détaché(e) des objets au quotidien?

J’ai déjà eu l’occasion de vous expliquer les bénéfices selon moi d’être minimaliste. Brièvement, on peut se dire qu’avoir moins d’objets nous permet d’avoir l’esprit plus léger, moins encombré. On peut aussi se dire que c’est un gain de temps. On ne peut pas perdre de temps à ranger des objets que nous n’avons pas. ce qui me plait aussi c’est la démarche de retour à l’essentiel, chercher ce qui est vraiment essentiel à notre bien-être et notre bonheur. Vivre avec moins pour vivre mieux, c’est un défi intéressant au quotidien.
Par ailleurs, ne plus être attaché(e) aux objets facilite la vie. Quand on comprend pourquoi on les garde, pourquoi ils contribuent ou pas à notre bonheur, etc. il est beaucoup plus facile de s’en détacher, de les jeter / donner / vendre si besoin. Ca nous permet aussi d’envisager notre manière d’acheter différemment.

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Comment réussir à se détacher de ses biens matériels?

Il ne suffit pas de prendre un objet et de le jeter / donner. Ca serait trop simple et si c’était si simple, on serait tous minimalistes et on vivrait dans le meilleur des mondes. Ahah! Non plus sérieusement, c’est probablement le plus difficile dans cette histoire de minimalisme. Prendre conscience que les objets et possessions ne font pas le bonheur, je pense que ça peut se faire naturellement. Si on n’est pas prêt, le lien ne se fera pas. Cette prise de conscience n’est que le premier pas. Il faut continuer d’avancer après cela. Et même si le tri, le désencombrement font partie du processus. Ce n’est pas cela qui va faire “réussir” votre démarche. Je sais, j’ai essayé de nombreuses fois de désencombrer mon chez moi (et mes pensées) avant d’y arriver. Et selon moi, il faut un peu plus que de la bonne volonté pour avancer dans cette dynamique qu’est le minimalisme.

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La méditation pour voir les différentes dimensions de l’objet

Si vous me suivez un peu ici ou sur les réseaux sociaux, ou, si vous me connaissez dans la vraie vie, vous savez que je suis loin d’être une hippie. (Je ne rejette pas toutes leurs idées, mais je ne suis pas peace & love du tout…) En revanche, je médite beaucoup. (Et pas assez en ce moment, je le sens…) Je médite sur un tas de choses, sur des questions de vie ou de mort, sur ce que je vois au quotidien (et mon quotidien en Asie fait valser très souvent mes “certitudes” françaises), sur ce qui m’entoure au quotidien dont les objets.
Ce qui me plait avec la méditation c’est que ça me permet de prendre le temps et d’observer ce qui m’entoure. Quand on a une vie “normale”, les objets nous servent plus ou moins par automatisme. Le matin, vous utilisez la cafetière sans vous poser de question. Le midi vous mangez et vous ne vous posez pas non plus de question quant à ce qui vous a permis de cuisiner, ce qui vous permet de manger, ce qui vous permettra de nettoyer. Le soir quand vous avez enfin un peu de temps pour vous détendre, vous vous posez probablement devant la télé ou vous lisez un bouquin. Bref, dans un quotidien classique, il n’y a pas naturellement des instants où l’on peut se questionner sur ce qui nous sert. C’est là que la méditation entre en jeu. Elle crée cette opportunité de regarder différemment le monde qui nous entoure.
Comment j’utilise les vêtements de ma garde-robe? Correspondent-ils à mes valeurs, à mes goûts actuels? Comment j’utilise mes instruments de travail? Peuvent-ils être plus adaptés à ma manière de travailler? Comment le canapé est devenu synonyme de détente? Est-il possible de retrouver cette sensation dans un autre cadre que les fesses posées devant la télé?
Ces questions, je me les suis posées. J’ai des réponses qui me correspondent. On en parle de temps en temps avec Flo d’ailleurs et heureusement, vu notre mode de vie, on se rejoint pas mal sur ces réponses ou du moins sur notre manière de voir les choses. En revanche, mes réponses ne vous aideront pas à trouver les votre. Cette démarche doit être personnelle. Je ne peux pas prendre du recul pour vous…

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Faites preuve d’indulgence pour pérenniser vos efforts

Outre la méditation, il me semble important d’être indulgent vis à vis de vous même, de votre famille et de vos proches.
Vis à vis de vous même, l’indulgence va vous permettre d’avancer dans de bonnes conditions. Comme pour tout, il y a des moments où vous aurez l’impression de faire un pas en avant et juste après reculer de 3 pas. Et c’est normal. Ne vous découragez pas et faites preuve d’indulgence vis à vis de vous même. Je l’ai écrit un peu plus haut, si c’était si facile d’être minimaliste, tout le monde le serait.
Cependant, il n’y a pas qu’avec vous qu’il me semble important de faire preuve d’indulgence. Avec vos proches et les personnes avec qui vous vivez aussi. Vous ne pouvez pas imposer à vos proches votre manière de voir les choses et votre détachement aux objets. Ca ne marche pas comme ça. A la maison, vous pouvez petit à petit désencombrer les pièces de vie, mais si votre ado a décidé qu’il ne voulait pas suivre votre exemple, vous ne pouvez pas l’enfermer dans la cave jusqu’à ce qu’il change d’avis. (En plus, c’est un coup à avoir les services sociaux sur le dos!) Votre belle-mère ne comprend pas non plus pourquoi vous cherchez à avoir moins d’objets dans la maison. Là non plus c’est pas bien vu de la faire tomber dans les escaliers de la cave et l’enfermer jusqu’à ce qu’elle change d’avis. L’indulgence pour le coup c’est aussi prendre en compte que les gens se plaisent parmi les objets et qu’ils n’ont pas envie d’entreprendre cette démarche du moins mais mieux.
Bon j’avoue qu’en même temps de cultiver mon détachement je cultive mon je-m-en-bas-les-reins-isme. Ce que les autres font ou ne font pas, ce n’est pas mon problème. En revanche, il est primordial qu’en retour on me foute la paix. (Je n’ai pas trop à me plaindre pour le coup!)

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Faire preuve de réalisme entre votre vie et les objets qui la composent

Je ne vais pas me lancer dans un débat philosophique en me demandant ce qu’est le réalisme. On est lundi matin, j’ai la tête dans le cul et je n’ai pas assez dormi pour me poser ce genre de question. Faire preuve de réalisme, pour le coup, c’est avoir conscience que les belles images déco minimalistes présentes sur le blog ou sur le web de manière générale, ça ne sera pas chez vous.
Vous ne vivez pas dans un magazine ni dans un blog. (Pour le moment, je n’héberge personne…) Et ce que les belles photos ne vous montrent pas, c’est tout le montage qui est fait avant pour que la photo soit parfaite. Si j’écris cela, c’est parce que sur les réseaux sociaux, j’ai eu l’occasion de parler minimalisme avec plusieurs mamans. Et même si les images que je poste vous font rêver, je pense que c’est très difficile d’arriver à un tel résultat avec 2 ou 3 gosses qui vivent à la maison (à moins de les mettre à la cave, mais je pense que je vous ai déjà démontré que ce n’était pas la meilleure idée!)
Avoir moins à la maison vous permettra d’avoir un logement qui est mieux rangé et vous permettra de ne pas faire QUE ranger. En revanche, le minimalisme ne veut pas dire qu’on enlève la personnalité, ni la vitalité des gens qui y vivent.

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Prendre le temps de se séparer des objets

Enfin, pour se détacher des objets, je pense que le temps est un facteur essentiel. Il faut prendre le temps. Et c’est sans doute pour cela que le minimalisme et le slow living pour moi sont intimement liés. Vous pouvez vider votre maison en un weekend avec une bonne dose de motivation. Mais c’est un peu comme quand on perd du poids trop rapidement. On perd 5 kg on en reprend 10. On vide la maison, on la remplit et plus encore. Le minimalisme est un mode de vie sur le long terme. Ce que vous mettez en place aujourd’hui sera les fondations de ce que vous ferez dans quelques mois et quelques années. Ce n’est pas juste une tendance déco à reproduire et qui changera dans un ou deux ans. C’est vraiment un changement profond qui vous accompagnera longtemps. Prenez donc le temps. Soyez indulgent, vous ne serez pas minimaliste demain.

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