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Pourquoi intituler mon article "Varanasi 2019"? Parce que ce n'est pas la première fois que nous allions dans cette ville mythique du nord de l'Inde. On y avait déjà séjourné en 2017, à deux reprises et j'ai déjà écrit plusieurs articles à ce propos. Comme Pondicherry dans le sud, on affectionne particulièrement Bénarès, mais pour des raisons différentes. A Varanasi, c'est un peu comme si le temps s'était arrêté, comme si on avait sauté dans un livre d'histoire. Des ruelles étroites, des vaches, des temples à profusion, le Gange... Une atmosphère toute singulière qu'on ne retrouve que dans cette partie de l'Asie. Dans cet article, je vous propose un résumé de nos 2 mois et quelques dans la ville de Shiva, un quotidien emprunt de retrouvailles diverses et variées.

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© Anderson Design

A propos de nos voyages en Inde

L'Inde est le pays où notre aventure nomade a commencé en 2016. C'est notre première rencontre avec l'Asie, c'est surtout l'un des pays que l'on préfère. Sur le blog, je différencie Inde du nord et Inde du sud. Bien que ces 2 régions appartiennent au même pays, elles sont sensiblement différentes. Spoiler alert: on préfère le sud au nord! Néanmoins Varanasi reste une ville à part. On y est allé la première fois parce que plusieurs amis nous avaient conseillé d'y aller. On pensait rester 2 ou 3 jours, on y a séjourné plusieurs semaines - à chaque fois! Varanasi c'est une ville digne d'un livre d'histoire géographie, c'est aussi une ville temple où passe le Gange, fleuve mythique.

Au programme de cet article


Retour à Varanasi, une ville qui change peu

Contrairement à Pondy où les changements nous avaient sauté aux yeux, la vieille ville de Varanasi change peu. Ce qu'on a regretté cette année, c'est la fermeture de 2 endroits où on avait l'habitude d'aller, dont notre lassi shop. Et comme cette ville change peu, on a retrouvé immédiatement les odeurs typiques de la ville, les commerçants qui nous ont remis tout de suite. C'est plaisant surtout qu'on trouve l'Inde du nord plus difficile à vivre que celle du sud. On a retrouvé les mêmes ruelles, les mêmes chai-men, les mêmes ghats où l'on aime passer du temps. C'est une ville intemporelle et c'est ce qui fait son charme. J'ai passé des heures à regarder le Gange, à me questionner sur l'architecture de la vieille ville et des ghats. Je pensais écrire un article à ce propos, mais je pense que ça ne sera pas pour tout de suite. On a retrouvé Santosh et sa famille chez qui on vit. En revanche, comme il nous l'a mis à l'envers en nous facturant la chambre très chère pour ce qu'elle était, ce sera la dernière fois qu'on allait chez lui.

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Divinités hindoues sur le bord du Gange
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Pendant la mousson + Quand le Gange commence à descendre

Retrouvailles, retrouvailles à Varanasi

Ce qui est cool à Varanasi c'est qu'on connait du monde. Je viens d'évoquer les commerçants. Quand je sors, je dis bonjour à tout bout de champ, c'est assez chouette. Mais le gros des retrouvailles n'est pas là. Il y a eu d'abord Yves, un français que l'on connait depuis notre premier visa et avec qui on s'entend très bien. Grâce à lui on comprend mieux certaines caractéristiques de la culture indienne. On a aussi un point de vue très similaire sur la politique ou l'humanitaire, ce qui rend les conversations riches et intéressantes. Avec Yves, il y a Badal, un gamin qui a maintenant 17 ans, le seul indien qui m'enlace pour me dire bonjour. (Habituellement, j'ai le droit à la poignée de main même avec nos potes dans le sud!) Badal est un musicien hors pair et c'était vraiment chouette de voir sa progression en 2 ans.

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Les singes qui squattent en face de notre chambre

Moins indien (Yves fait partie des indiens vu qu'il y a vécu plusieurs années), on a convaincu assez facilement David de nous rejoindre. Là, c'est à marquer d'une pierre blanche, c'est le seul ami de France qu'on a vu en Asie. David et moi on a bossé ensemble quand j'étais étudiante. Plus tard on a continué à se voir de temps en temps puisqu'on avait des amis communs. A cette époque, il me faisait rêver avec ses voyages, notamment en Inde. Et bim, voilà qu'il est dans le nord en même temps que nous. Comme il est amoureux de Varanasi, ça a été facile de le faire venir. On a bien parlé de tout, du magasin où on a travaillé ensemble, de voyages, du Gange, de voyages... C'était chouette de passer ces moments ensemble, simplement. Et merci à lui d'avoir mangé indien avec nous même si ça me coutait mon curd!

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Vieille ville de Varanasi. Je suis tombée sur cette place remplie de temples par hasard pendant l'une de mes promenades.

Autre rencontre complètement inattendue: Satoka, l'une de nos copines japonaises. La première fois qu'on l'a rencontrée c'était à Kuala Lumpur, lors de notre 1ère visite de la capitale malaisienne. On avait eu la chance de se retrouver à Chiang Mai l'an passé. Et cette année, elle découvrait enfin l'Inde. On n'a pas eu la chance de se voir souvent cette fois. Elle est restée peu de temps et sur la fin de son séjour, j'étais scotchée aux toilettes...

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Période de mousson: les pieds dans le Gange! (Je vous rassure, depuis je n'ai pas du me faire amputer!)
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Vous vous doutez bien que la porte est accessible en temps sec hors mousson!

Bilan de Varanasi en demi teinte

La météo bof bof

Même s'il a été plaisant de retrouver cette ville incroyable, notre séjour était en demie teinte. Je reste fascinée par la culture indienne, la dévotion des indiens, la vie autour du Gange. En revanche, le quotidien n'a pas été de tout repos. On a d'abord eu très chaud. La mousson était en retard. Et là, il est impossible d'aller se promener sur les ghats en pleine journée. (On avait déjà eu ce soucis, à notre 2ème visite...) Ensuite, il y a eu la mousson. Honnêtement à Varanasi, rien de bien terrible. Il pleut de temps en temps. On a eu juste une grosse pluie vraiment impressionnante. En période de mousson ce qui change vraiment, c'est le Gange qui monte, qui monte, qui monte. J'ai fait une paire de photos pour vous montrer l'évolution. (On est partis, il commençait à descendre). Mais si le Gange est majestueux quand il monte, il rend aussi impraticables les ghats. Ils sont submergés. On a du changer certaines de nos habitudes. Le plaisir de se promener le long du Gange était fini. Je m'estime heureuse d'avoir connu le Gange bas avant. Si ça avait été notre première fois à Varanasi, on pense qu'on aurait moins aimé la ville. Le soucis de la mousson c'est que ça nous a freiné dans nos projets. On pensait diviser cette seconde partie de visa entre Varanasi et Calcutta. J'étais contente de visiter une nouvelle ville, mais la pluie semblait faire des ravages là-bas. On a décidé de passer notre tour. (Avec un peu de recul, on aurait du descendre plus tôt à Chennai. Dans 2 semaines, vous aurez l'article de votre visite dans cette ville et on a radicalement changé notre oint de vue sur la capitale du Tamil Nadu).

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Ma grand-mère me demandait s'il y avait des vaches en villes...

La mauvaise surprise de l'hébergement

Autre point négatif a été notre hébergement. La première fois qu'on était allé chez Santosh, il n'y avait pas de prix fixe sur la chambre. On avait estimé qu'elle valait 500 roupies avec les chais de Madame, 2 fois par jours. Cette fois, il nous a donné une chambre plus grande. On pensait payer le même prix, surtout qu'on était hors saison. A la fin, il nous annonce qu'il nous fait un "prix d'amis" à 700 roupies. Ouais, ouais, ouais. Je peux te dire qu'on était furax. Ca ne les vaut pas spécialement (en saison haute il facture 1100 roupies la nuit, celui qui la prend est bien con!). Pour moins cher, on aurait pu avoir une meilleure piaule. Elle est grande, elle a une salle de bain privative. Mais elle n'a qu'un ventilateur et elle donne sur la rue. Il n'y a pas eu une nuit de silence. Les flics qui passent en pleine nuit avec la sirène, le personnel de nettoyage qui traine un chariot qui claque, les cortèges funéraires ou religieux qui passent en appelant Shiva... Mais le pire ce sont les chiens. Le chien des voisins passe sa nuit à hurler. Les autres lui aboient dessus. On a eu envie de les flinguer plus d'une fois. La pilule a eu donc vraiment du mal à passer. (Les draps ont été changés 2 fois en 2 mois, la chambre jamais nettoyée. Ils nous ont proposé de la nettoyer 1 semaine avant de partir... On avait déjà passé le balais nous même!). Bref, si un jour on revient, on n'ira plus chez lui! Même si cela fait plusieurs mois qu'on a quitté Varanasi, Flo reste encore furax de cette entourloupe qu'on n'a pas vue venir.

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L'eau monte au rythme de la mousson. Même s'il ne pleut pas sur Varanasi, le Gange monte. C'est normalement l'endroit où il y a les cérémonies matin et soir qui plaisent tant aux touristes. Là, il y a des bateaux à la place...
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Même si depuis notre 2ème visa on a plus l'habitude de voyager, Varanasi reste une ville difficile à vivre au quotidien. En tant que touristes qui restent 2 ou 3 jours c'est sûrement différent. En revanche, cette ville nous rappelle qu'il ne faut pas baisser la garde et que tu peux te faire niquer même par quelqu'un que tu connais depuis longtemps. C'est dommage. Depuis notre dernier visa on a aussi voyager dans le sud est de l'Asie et mine de rien la facilité offerte dans le sud est compense les défauts, ce qui n'est pas le cas en Inde. Jusqu'à l'avant veille du départ de Varanasi, je n'avais pas envie de partir parce que j'aimais mes balades quotidiennes et le Gange. Les deux derniers jours en revanche ont été longs.

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Il y a quelque chose de fascinant dans l'architecture de Varanasi...

Quelques infos pratiques si vous visitez Varanasi

Transport de l'aéroport de Varanasi jusqu'à la vieille ville: Dans le hall de l'aéroport, il y a des bureaux de taxis prépayés et il y a un bureau Ola Car. La comparaison entre les 2 a été vite faite, Ola Car était plus intéressant. Vous choisissez le type de voiture, vous donnez votre destination et vous avez une estimation assez précise de ce que ça va vous coûter. (Ca peut augmenter un peu si vous tombez dans des bouchons).
Que vous preniez un tuktuk, un taxi, un Ola Car, on ne vous déposera pas au coeur de la vieille ville puisqu'elle est semi-piètonne. Les rues sont trop étroites pour une voiture. Déjà une vache et une moto qui se croisent, ça coince parfois. Il faudra donc marcher un peu. Nous on s'arrête à Godolia Cross (le croisement entre la vieille ville et la nouvelle, où il y a un ATM) et on fait le reste à pied avec nos sacs. Selon l'endroit où se trouve votre hôtel ou guesthouse, on ne vous arrêtera peut-être pas à cet endroit.
Dans cet article, je vous parle de la mousson. Elle tombe grosso-modo en juillet / août. Il n'y a pas de dates fixes. Nous, on n'a pas eu d'inondations. Il a plu mais c'était ok. En revanche, il y a deux choses à noter: 1/ l'eau du Gange monte donc les ghats sont inondés et il devient impossible d'y accéder, alors qu'en saison sèche, on peut rallier un bout à l'autre en passant le long du Gange. 2/ C'est super humide. Les bâtiments conservent l'humidité, nos fringues puaient l'humidité dans le sac. On tombe vite malade, d'ailleurs, les indiens aussi. Si vous avez des problèmes respiratoires, c'est peut-être pas une bonne idée d'aller à Varanasi pendant la mousson...

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Vieille et jolie maison
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L'eau qui monte doucement mais sûrement...
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Etable en haut des ghats (et quand il pleut toute la merde finit sur le passage!)
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Montée du Gange - Le petit renfoncement, c'est l'endroit où se trouve notre chai man et on boit le thé sur les marches. Ca monte encore plus après!
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C'est toujours l'endroit où on boit notre thé... Vous pouvez constater la montée du Gange grâce au temple jaune / écru...
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Vie au bord du Gange quand ce n'est pas la mousson
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Pour terminer cet article, je vous propose de découvrir plus de photos et de moments passés à Varanasi ces dernières années dans une courte vidéo. J'espère qu'elle vous plaira!


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Note: Cet article a été rapidement mis à jour en septembre 2020

3 commentaires


  1. J’adore ce genre d’article qui décrit sans artifice la ville et ton quotidien là-bas, ça donne une autre dimension à l’appréhension de cette ville que je rêve de visiter (mais j’ai bien trop peur de ne pas supporter le choc culturel!!!).

    1. Author

      A mon sens, ce n’est pas la première ville à visiter en Inde. Elle est magnifique, elle est hors du temps. Mais elle reste dure sur bien des points, comme les mendiants et saddhus en file indienne sur la rue principale. Parfois, ça donne un peu l’impression d’être dans une cours des miracle. On a croisé aussi des français qui s’étaient sentis mal devant les ghats de crémations. Il y a une atmosphère particulière dans cette partie de la ville. Je te conseille d’y aller si elle te fait rêver (y’a peu de chances que tu sois déçue), mais fais une ou deux autres villes avant, histoire de prendre quelques marques…

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