Aujourd’hui, c’est le retour de l’écolo-connasse. La dernière fois j’avais écris à propos de la brosse à dents en bambou qui me semble une fausse bonne idée en matière d’écologie. Today, je vais te parler d’écologie de manière plus générale mais aussi de mon ras le bol médiatique lié à cette thématique. Je ne suis pas anti-écolo (bien au contraire) mais je commence à en avoir ma claque d’en bouffer à toutes les sauces.

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La publication alarmiste qui m’a fait péter un plomb

Il y a quelques semaines, je me suis connectée à Facebook. Je n’aurais pas du. L’une de mes anciennes collègues à partager une publication qui m’a fait péter les plombs. La publication était une liste avec des émoticones, jusque là, rien de bien bizarre. Cette liste était un “récapitulatif” des catastrophes naturelles. Les émoticones étaient des flammes, de la pluie, du soleil… Et la liste était longue. Elle commençait avec les différents incendies, puis continuait avec les moussons, puis les vagues de chaleur, etc.

Gare aux propos alarmistes à propos du climat et de l’environnement

J’ai plusieurs choses à reprocher à cette liste. La première c’est qu’elle n’est pas documentée, donc très honnêtement, personne ne va aller vérifier si les faits présentés sont tous vrais, en quelle année ils se sont produits, quelles ont été les conséquences. Ce n’est pas un constat, c’est une liste alarmiste. Vous connaissez la différence entre alarmiste et alarmant? C’est du français. Quelque chose d’alarmant est généralement un fait qu’il faut surveiller et qui annonce une catastrophe. Il donne l’alarme. Quelque chose d’alarmiste c’est un fait qui fait peur. On retrouve le suffixe -iste comme dans terroriste. L’intérêt d’un tel post sur Facebook est d’être viral (donc de toucher un maximum de gens) et de faire peur. Mais mis à part nous faire flipper, je ne suis pas certaine qu’il y ait des conséquences positives à ce type de publications.

Ces infos qu’on ne vérifie pas en matière d’écologie

Deuxième problème, la véracité des propos de cette liste virale. Je viens de dire qu’elle était difficilement vérifiable. Ce serait long et fastidieux et la plupart du temps, on va sur Facebook pour passer le temps et consommer du divertissement voire de l’information sans faire attention. Dans cette liste pénible à vérifier, il y avait un point qui était faux, ou du moins, tourné de manière à faire croire qu’il était vrai. C’est ce sur quoi j’ai réagi sur mon compte perso. Il était question de la mousson sur l’Inde, le Népal et le Pakistan, comme quoi ces pays étaient sous les eaux à cause de pluies intensives. (Cf partie suivante)
Pour revenir à la véracité des propos de cette fameuse liste, l’une de mes bonnes copines m’a fait remarquer aussi qu’il était question d’Irma. Cet ouragan s’est produit en 2017, mais là, rien n’est précisé. Perso, j’ai du regardé sur Google pour avoir la date en tête. Dans cette liste, il y a probablement beaucoup de choses qui se sont produites, mais si elles se sont déroulées sur un siècle ou une décennie, cela n’a pas la même signification, ni les mêmes conséquences. Ici, impossible de le savoir à partir de la liste. Ce manque de précisions est alarmant puisque cela modifie notre perception des événements.

Etre vigilant quant aux raccourcis

Juste avant je parlais de l’entrée de la liste qui m’avait fait péter les plombs. Une petite phrase. Une affirmation à propos de la mousson. Déjà l’orthographe de mousson c’était pris un coup dans la gueule. Mais ce qui doit alerter c’est le raccourci qui est fait.
La mousson quand on ne connait pas – comme en France – c’est flippant. On imagine des torrents de boue se déversant sur tout le pays pendant plusieurs mois. On imagine des morts à foison qui flottent – j’exagère mais on n’en est pas loin. On imagine des pluies comme en plein hiver à Dunkerque, mais qui ne s’arrêtent pas. Bref on s’imagine plein de choses. Et pour tout vous dire, Flo et moi, on s’est aussi imaginé plein de choses avant de connaitre la mousson en Asie. Cette saison et les pluies associées sont nécessaires. Elles remplissent les nappes, les fleuves entrent en crue et nourrissent les terres. Tous les indiens attendent la mousson parce que ça signifie qu’il va y avoir une trêve dans la chaleur écrasante. Quand on est retourné à Pondy, il y a quelques mois, cela faisait 2 ans qu’il n’avait pas plu. Les gens en souffraient. Je ne vous parle pas de la tronche des nappes ou des terres. Il y a quelques semaines nous étions à Varanasi, c’était la mousson. Le Gange est haut, les ghats submergés. Il pleut de temps en temps. On regarde la météo régulièrement pour savoir ce qui nous attend. Et oui, dans certains coins, il pleut plus et il y a eu des coulées de boue. C’est naturel. Ce qui pose problème c’est surtout l’urbanisation et la surpopulation. C’est difficile à imaginer en France, mais le monde ici est vraiment concentré. Il y a des gens partout. Et si les structures ne sont pas adaptées, il y a des morts. L’an passé le Kerala (dans le sud) a été emmerdé avec la mousson. Il a plu plus que les autres années. Mais il y a surtout eu un problème avec les barrages dans la région. Barrages qui sont une création humaine et qui sont régulés par les humains, hein!
Voilà, au lieu d’une phrase pour te dire qu’il y a de la pluie en Inde, j’ai un super grand paragraphe qui est loin d’être complet. Une info trop courte est nécessairement incomplète. On n’a donc pas tous les éléments pour la comprendre réellement.

Quels sont les buts de ce type de publication?

Par ailleurs, on peut aussi reprocher à ce post de s’inscrire dans une dynamique de propagande. Je sais que ce terme fait peur. On nous a appris à l’école que la propagande était mal et servait à manipuler les opinions et les peuples. En revanche, la propagande n’est pas une anecdote historique. C’est encore un moyen utilisé pour manipuler les foules et ce qu’elles pensent. Une publication seule n’est pas très grave. En revanche, quand elle s’inscrit dans un ensemble de publications et de sources différentes, il est nécessaire de prendre du recul sur les informations qu’on nous propose. Si l’on parle trop d’un sujet, cela devrait nous servir de signal d’alarme. Le petit son qui nous avertit et qui nous invite à prendre du recul sur ce que l’on nous raconte.
Je ne dis pas qu’il faille tout nier en bloc. Le changement climatique existe vraiment et c’est une problématique sur laquelle tout le monde doit se pencher: les individus, comme les entreprises, les industriels et les politiques. En revanche, il serait intéressant de savoir qui se cache réellement derrière ce type de publication alarmiste et savoir à qui cette peur bénéficie. L’écologie est au coeur des préoccupations actuellement. Et même s’il y a du positif qui ressort et qui ressortira de cet engouement, il y a aussi des organismes moins bien intentionnés qui se serviront de cette peur créée. (On peut parle vite fait du greenwashing, cette stratégie de communication qui a pour but de laver des entreprises pas très écolo…)

Quid des autres publications écolo sur internet?

Pour un autre projet, je suis en train de m’intéresser à la presse sur le web et le traitement de l’information. Quand il sera en ligne je vous en parlerai, pour le moment, je suis en train de préparer le travail. Ce travail justement vient d’un constat que j’ai fait. Je ne regarde pas la télé. Si je veux l’info française en étant en Asie, je dois passer par le web. Je n’ai même pas accès aux replays de France Télévisions qui sont bloqués dans la plupart des pays dans lesquels je vis.

Les fake-news de l’écologie

Il y a quelques semaines / mois, il y a eu une sorte de sensibilisation quant aux fake-news, les fausses informations qui se font passer pour vraies. Ce n’était pas une nouveauté et il était temps de mettre ce procédé en lumière pour avertir (de nouveau) les utilisateurs d’internet. Je vous parlais de propagande, les fake-news en sont un outil. Elles jouent sur notre crédulité et reconnaitre le vrai du faux sur internet n’est pas si facile. Je viens de regarder sur Google, il y a un tas d’articles à ce propos. Après, il y a des sources que je snobe parce que je sais qu’elles ne sont pas fiables. Je vous invite à lire l’article à propos des fake-news sur Le Monde qui explique rapidement les procédés utilisés à propos de l’écologie et qui nous montre que les informations faussées et / ou truquées ne sont pas limitées au web.

Le martelage de l’information écolo

Souvenez-vous à l’école, on nous répétait sans cesse la même chose. C’est normal. Pour qu’une information soit intégrée, elle a besoin d’être répétée. En revanche, il y a différentes manières de faire entrer une information dans la tête des gens. La peur est une manière d’y arriver parce qu’elle active en nous une sensation singulière dans notre quotidien. L’indignation aussi, ça nous met hors de nous, on a envie de réagir et de résoudre le problème. Ce qui est dérangeant, c’est que souvent ces sentiments induits par la presse sont répétés mainte et mainte fois.
Il y a une page sur Facebook que je suis. C’est la page d’un média indépendant que j’affectionnais beaucoup. Les contenus sur Facebook et sur le site sont assez différents. Sur le site il est question de nombreuses questions alors que sur Facebook seuls certains sujets sont choisis et ce sont des sujets qui tendent à polémiques. Il y a aussi beaucoup de colère dans les publications. Je ne suis pas sûre que la colère ait sa place dans un média, du moins pas aussi fréquemment. On peut dénoncer les choses sans être en colère et sans diffuser cette colère. Et comme je suis normale par moment, quand on me martèle de colère, j’ai une tendance à devenir vénère aussi. La colère ne fait pas avancer les choses. C’est une alarme aussi. Mais une fois qu’on a pris en compte l’alarme qui sonne, il faut avancer et faire en sorte que la colère n’ait plus de raison d’être.
Un autre exemple, la forêt amazonienne qui brûle (ou brûlait, on en entend plus parler) en ce moment. C’est terrible, je suis d’accord. En revanche, une fois que j’ai eu l’information, je ne sais pas ce que je dois faire avec toutes les autres infos qui traitent du sujet. Tous les journaux traitent le sujet, jusque là, ça me semble normal. En revanche, certains médias proposent plusieurs articles à ce propos, parfois même dans la même journée. Quel est le but? A moins de modifier notre perception de l’évènement, je ne vois pas en quoi ils servent le schmilblik tous ces articles. Pourquoi pas un article complet en fin de journée? tous les deux ou trois jours? Pourquoi nous envahir d’informations? Ce qui m’a plu aussi c’est que plusieurs médias ont mis en évidence les fausses informations ou les infos erronées qui avaient été diffusées largement par la presse, les politiques ou encore certaines stars. Cela montre que le traitement de l’information est en train de changer doucement. Il ne suffit plus de faire circuler un message. On s’attend aussi à pouvoir avoir des messages fiables auquel on peut faire confiance.

Les discours qui m’emmerdent à propos de l’écologie

Vous l’avez compris, je ne porte pas beaucoup les médias dans mon coeur. En réalité, j’en aime bien certains mais tous doivent être regardés et lus avec du recul et un regard critique. Juste se demander si l’info qui nous est donnée et fondée, justifiée et objective. Pour terminer cet article que je n’avais pas imaginé aussi long, j’avais envie de partager avec vous les sujets qui me fatiguent à propos de l’écologie. Le soucis, c’est que je suis une mauvaise élève. Si quelque chose me casse les couilles, j’ai tendance à fuir loin et à ne plus vouloir aucune infos. Ce n’est pas bon non plus. Je me donne l’impression de me préserver mais au final, je me coupe d’une certaine information – qui pourrait évoluer avec le temps.

La “découverte” des écolo-septiques

Cette semaine, il y a eu quelques articles à propos des écolo-septiques sur la toile. Ce sont des personnes qui remettent en question la véracité de la crise écologique à laquelle nous devons faire face. C’est drôle qu’on n’en parle que maintenant, parce qu’ils font partie du paysage médiatique depuis longtemps. Ils posent problème dans 2 dimensions: 1/ Ils minimisent et / ou réfutent le problème. Ce sont les négationnistes de l’environnement. (Je pars du principe sur le fait qu’on s’entend tous sur le fait que le négationnisme c’est mal et je n’ai pas besoin d’expliquer pourquoi!) 2/ L’autre dimension qui m’emmerde beaucoup, c’est ce que cette case va servir à y mettre toutes les personnes qui ne tiennent pas un seul et même discours. On aura le malheur de donner un point de vue différent et hop! on sera étiqueté comme écolo-septique. C’est comme pour les trolls sur le web. Il y a les vrais trolls digitaux et puis ceux que l’on prend pour des trolls juste parce qu’ils ne vont pas dans notre sens ou dans le sens qu’on nous imposent comme commun. Là, si je dis que la thématique de l’écologie m’emmerde je peux passer pour une putain de septique alors qu’en fait c’est essentiellement le traitement de la thématique qui me casse les couilles. Je ne remets pas en cause la thématique environnementale et tout ce qui en découle. Mais ça n’empêchera pas les gens de faire des raccourcis et de m’étiqueter parce que je refuse la manière dont on me les brise avec l’écologie.
Entre le moment où j’ai écrit la première version de cet article et sa publication, j’ai eu un autre exemple. J’ai commenté sur Facebook une publication d’une copine. C’était une publi à propos des décrocheurs de portraits et je montrais dans mon commentaire en quoi cette publication me dérangeait par sa construction (qui reprend des bases du storytelling…). Bim, je me suis fait engueulée, alors que j’étais restée courtoise et polie. Mais le pire c’est qu’on m’accusait de quelque chose qui n’avait rien à voir avec mes propos. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé dans la tête de la nénette. Pour elle, j’aurais juste du encaisser l’info même si je n’aime pas la manière dont elle est communiquée. En montrant mon désaccord sur la forme, elle a compris que je refusais tout en bloc. Pour reprendre une idée récurrente en déco, le monde est fait de nuances. Les gens oublient ces nuances et on est soit pro-écolo soit septiques. Bah non, je suis ni l’un ni l’autre. Et c’est usant d’avoir à justifier cette putain de nuance.

Chacun doit faire sa part, mais pas que!

Le mouvement colibri a été démocratisé et maintenant j’ose espérer que tout le monde connait le principe. J’aime beaucoup ce principe parce qu’il nous montre que de petites choses accessibles peuvent faire de grandes choses. En réalité et en pratique, je ne suis pas convaincue à 100% parce que c’est encore une attitude marginale et il n’y a pas de comportements adaptés sur lesquels on peut se baser. Parce que non, tout le monde ne va pas quitter son HLM pour aller cultiver des terres dans la Creuse. (L’Ardèche étant réservée aux hippies.) Comme ce mouvement n’est pas livré avec un mode d’emploi, chacun fait ce qui lui semble bon pour l’environnement, même si au final c’est une bien bonne idée de merde. Je vous ai parlé de la brosse à dents en bambou, pour moi c’est l’exemple parfait de l’idée de merde quand on vit en France. C’est un des problèmes du mouvement. On pense faire sa part. Il y a de la bonne volonté. Cela ne signifie pas que c’est une bonne chose pour autant.
L’autre soucis c’est que c’est un mouvement individuel avant tout. Et même si je suis d’accord sur le principe que tout le monde doit mettre les mains dans la merde, ce n’est pas suffisant pour que les entreprises et les industries s’y collent. Boycotter Coca Cola, ok! Mais ça n’empêche pas Coca de puiser dans les nappes pour faire son breuvage qui nous filera un cancer de l’estomac. Refuser d’acheter des fringues faites au Bangladesh, ok. Mais ça n’empêchera pas l’exploitation humaine. Ce que je veux dire par là, c’est qu’en tant qu’individu on peut faire ce que l’on veut. La réponse est incomplète si on ne se bat pas contre les entités qui niquent la nature.

L’immédiateté et l’écologie

Dernier point qui est malheureusement pas souvent évoqué ou dans une mesure absurde, c’est la temporalité de l’écologie. On vit dans l’instant présent ou on nous invite à le faire. Internet nous offre une vision de la temporalité qui est aussi un peu différente. Tout ce consomme maintenant, tout de suite. Mais ce n’est pas compatible avec l’environnement. Je me suis fait la réflexion il y a peu, on parle souvent de 2020 comme moment étalon pour l’écologie. On parle aussi de 2050. 2020 c’est dans moins de 6 mois. A l’échelle de la terre, c’est 1/ demain 2/ trop tard. 2020 en écologie aujourd’hui, c’est un constat, vu qu’on y est déjà. 2050, même si pour nous humain ça nous semble loin, ça ne l’est pas tant que ça. Il suffit de se poser sur l’an 2000. Ca a fait rêver dans les années 60, 70, 80. On l’a passé. Et mine de rien depuis pas loin de 20 ans. Ces deux dernières décennies sont passées très vite, quand on regarde. On arrivera à 2050 tout aussi vite. Ce que je veux dire c’est qu’il me semble nécessaire d’inscrire l’écologie et la préservation de l’environnement dans une autre temporalité. Elle ne peut pas être immédiate, mais elle doit aussi se concevoir sur une longue période. Ce que les gouvernements mettent en place sont juste des outils qui visent à atteindre l’objectif. Quand on parle de la terre qu’on laisse à nos enfants, “à nos enfants” est une allégorie. On ne parle pas de mon filleul qui a 6 ans (ou un truc dans le genre) et qui va grandir sur une planète merdique. On parle des générations futures, celles dans plusieurs centaines d’années, comme ce que nous sommes par rapport aux romains qui vivaient à l’époque de l’antiquité ou encore les gueux de l’époque médiévale. Ce qui est aussi intéressant quand on s’intéresse à la temporalité, c’es qu’elle nous permet de prendre du recul et ne pas agir sans réfléchir aux conséquences. Agir dans l’immédiateté donne des résultats rapidement mais on n’est loin d’être sûrs qu’ils seront bénéfiques. Il ne suffit pas d’agir pour agir. Il faut que ce soit durable aussi…

Pour conclure cet article, je suis fatiguée de la manière dont on me parle d’écologie. Et je ne dois probablement pas être la seule. L’écologie est une thématique qui m’intéresse depuis très longtemps, avant même que ça ne soit à la mode. Et je suis quasiment certaine que je ne suis pas la seule à penser de cette manière. Ce qui me fait peur, c’est que comme toute chose qui est à la mode, cet intérêt pour notre environnement finisse par s’essouffler et que dans quelques années, on n’en aura plus rien à secouer de la planète. Tout ce battage médiatique aura servi au mieux à rien ou au pire à nous manipuler encore un peu plus. Et puis voilà…

Source de l’image Unsplash


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