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Auroville, c’était comment en vrai?

La semaine passée, je t’expliquais vite fait ce que c’est qu’Auroville et nos premières impressions après 4 jours là-bas. On a quand même réussi à tenir nos 12 jours dans cette communauté, non sans mal et surtout grâce à des aller-retour à la civilisation (à Pondicherry). Maintenant que nous en sommes partis depuis quelques jours, ce sera peut-être plus facile de vous donner notre vrai ressenti. On a pu prendre un peu de recul. On a aussi parlé de ça avec des gens qui ont un regard un peu différent du notre, un peu plus habitué à ce monde carrément à part!

auroville statue sri aurubindo
Sri Aurubindo – Auroville

Auroville, les Aurovilliens et les autres

On a eu peu de contacts avec des Aurovilliens (= gens qui vivent à Auroville depuis plus d’un an). On ne veut pas faire de généralités. Mais il y a quand même beaucoup de vieux! On est allé à un concert (qui à 22h était fini, of course!) et clairement, on pouvait compter les jeunes sur les doigts de nos mains. On a aussi croisé de nombreuses chevelures blanches en mobylette lors de nos promenades. En parlant avec une connaissance sur Pondy, on est assez tombés d’accord sur le fait qu’une partie des Aurovilliens sont des européens qui viennent passer l’hiver au chaud, en Inde. (Ici, il fait une trentaine de degrés en janvier). Ca coute autant que de payer le chauffage en Europe… Les Aurovilliens qui vivent à l’année à Auroville sont rares. A moins d’avoir une retraite ou une rente, il faut retourner bosser en France quelques mois pour vivre tranquillou le reste de l’année en Inde. (Profiter des allocs chômages et tout ça!)

auroville panneau circulation fun inde

On a aussi pas mal parlé avec une fille d’Aurovillien. Son papa est à Auroville. Ses parents sont divorcés. Et là, on a eu un son de cloche particulier, qui fait froid dans le dos. Quand elle était petite, ses parents vivaient 6 mois à Auroville, 6 mois en Europe. Pour construire une maison à Auroville, ils ont dépensé pas mal d’argent. Mais quand il y a eu divorce, le papa est resté, sauf qu’il ne pouvait plus rester dans sa grande maison, selon Auroville. Comme tous les biens / entreprises appartiennent à la communauté, peu importe le fric que tu y as laissé, ils peuvent te déloger et te mettre dans une chambre minable. Super sympa, n’est-ce pas?! Perso, si je dois mettre ma thune dans une cause, ça ne serait pas celle d’Auroville, mais passons!
Toujours en parlant avec notre copine, on a appris que Auroville c’est « the place to fuck ». Ca baise dans tous les sens. C’est assez drôle, parce qu’ils sont là pour transcender leur passion charnelle et atteindre un stade au dessus, vers l’homme nouveau et toussa. Mais n’empêche que ça baise sévère. On a bien rigolé sur l’idée de possession: « Your wife is not your wife! » (©Florian) – un peu comme ta maison. Et notre amie a fini par nous dire qu’ici, ils ne fuckaient pas. Non, ils appellent ça du tantra. Je connaissais le tantra de nom. Sauf que visiblement à Auroville, le tantra c’est surtout synonyme de partouze. Ahaha! (Je vais éclater mon référencement avec les mots: fuck, partouze, tantra, etc!)
Evidemment, je ne fais pas de généralités. Je montre juste une fesse face cachée de la communauté aurovillienne.

auroville maquette communaute

Auroville et la thune

La relation à l’argent à Auroville n’est pas clair. Déjà de base, on nous a obligé à prendre une Aurocard et y mettre de l’argent dessus. Le truc un peu pourri pour moult raisons: 1/ tu ne sais jamais combien il te reste sur cette fichue carte 2/ tu ne peux pas t’en servir partout parce qu’ils ne la prennent pas ou parce que le logiciel fait des siennes. Bref, qu’ils veuillent une communauté sans cash, pourquoi pas. Mais le système est grandement à améliorer. Si on avait su, on se serait passé de cette carte et du temps perdu pour mettre et retirer de l’argent dessus.
Ensuite, comme je le disais déjà dans mon premier article, Auroville prend les gens pour des pompes à fric! Ce sont des prix presque européens, alors qu’on est en Inde, pays où le coup de la vie est au moins 3 fois plus bas qu’en France. (En France t’en chie avec 1000€ tout seul; en Inde avec moitié moins, tu vis à deux). 15€ pour notre pseudo chambre, ça fait très cher. Pas loin de 10€ pour manger des sandwiches italiens à deux, ça fait cher aussi. Bref, prendre les gens pour des portefeuilles sur pattes, ça ne nous plait pas des masses! D’ailleurs, je n’ai pas fait de calcul, mais avant de réserver votre séjour bien-être, cours de yoga et de méditation, je vous conseille de vous renseigner pour voir à propos des prix sur Pondicherry. Là-bas aussi vous trouverez des cliniques spécialisées en Ayurveda et en Siddha (type de médecine traditionnelle du sud de l’Inde). Vous trouverez des cours de yoga de différents types. Je pense que ça peut valoir le coup de faire la comparaison. (Sans compter l’hébergement!)
Bref, nous, au bout d’un moment, on a eu le besoin de sortir de cette communauté. On est allé à Pondy plusieurs fois, histoire de se sentir comme à la maison. Et on est aussi allé à Kuyilapalyam. D’un coup, les frais étaient moins élevés que ce soit pour la douche, les produits du quotidien et tout le reste. On a quand même eu bien le sentiment d’être pompés de tous les côtés.

auroville panneau beattles

Auroville et la spiritualité

J’avais espéré que les deux termes ne soient pas inextricablement liés et qu’être une communauté pouvait être tout aussi accessible que la spiritualité. (C’est possible, mais pas à Auroville) Clairement, les deux entités sont indissociables. Le hic, c’est que je n’ai pas nécessairement besoin de quelqu’un qui me dise quoi penser et quand méditer. C’est toujours bien d’avoir un ou des guides, parce que parfois on se sent perdu. En revanche, j’estime que je dois faire le plus gros du chemin seule pour que ça porte réellement ses fruits. *** Tu peux ne pas être d’accord, tu peux le noter en commentaire, tu pourras te faire envoyer sur les roses! ***
Bref, à Auroville, on a rencontré des personnes qui étaient venues ici pour méditer, pour leur bien-être et tout ça, des personnes qui croient et appliquent les paroles de la Mère. On s’est rendu compte que ces personnes étaient assez fermées. (Et ouais!) Elles ne comprennent pas / ne veulent pas comprendre que je n’ai pas la même pratique qu’eux. On m’a même dit que j’étais à un niveau trop inférieur dans ma pratique de la méditation pour comprendre le besoin de venir à Auroville pour méditer. (Bim! Dans tes dents Julie!) Mais bon, ça ne m’a pas vraiment touché, je sais que j’ai encore du travail à faire, moi – le compatriote qui m’a sorti ça avec le sourire, je pense qu’il a lui aussi encore beaucoup de travail à faire, mais qu’il n’en a pas conscience ^^ Passons! On nous a bien fait comprendre de bien des manières, qu’on ne rentrait pas dans le moule de bien des manières et que ça ne plaisait pas. Dans l’absolu, j’en suis partie, j’en suis très heureuse! (En plus, on est dans un endroit top!) Mais bon, on s’attendait tout de même à un monde plus ouvert, surtout puisque la spiritualité est au coeur des préoccupations.

auroville inde four solaire miniature
Miniature d’un four solaire

J’avais vraiment espéré faire un paragraphe sur l’écologie à Auroville. Là aussi c’est un point de déception important pour nous. Ils trient leurs déchets, certes ça choque en Inde, mais pour des européens, ça choque beaucoup moins. Il y a des panneaux solaires, un four solaire – pour moi qui habite dans le Nord de la France depuis toujours, ça me laisse un peu pantoise! Mais voilà, ça ne va pas beaucoup plus loin.
Pour terminer cet article avec une note plus joyeuse, tu peux imaginer la suite de notre périple, comme étant super compliquée et nous imaginer tomber en pleine émeute avec nos gros sacs à dos! Si, si, je t’assure, la suite est épique! Je reviens rapidement te parler de notre séjour à Chennai!

auroville anture inde du sud tamil nadu

3 Responses

  1. Bonjour
    J’aime beaucoup lire vos petits récits. Ils sont très bien écrits. J’avais passé quelques mois à Auroville en 1982 et déjà à l’époque , je m’étais fait les mêmes réflexions que vous. Un genre de « bobos » avant l’heure.
    Nous revenons à Pondi dans trois semaines et d’après ce que vous écrivez , je ne vais pas être dépaysé, c’est le changement dans la continuité… odeurs du canal etc…
    Idem pour Madras que je retrouve, en vous lisant, tel que dans les années 80.
    Bonne continuation à vous!
    Luc Nguyen

    • Bonjour Luc,
      Merci pour votre commentaire. Je ne sais pas si en 30 ans passés ça a beaucoup changé. Une dame que nous avons rencontré m’a dit que oui. Elle était venue à Pondy il y a 17ans. J’espère néanmoins que vous vous y plairez! (Je vous recommande vivement La Mission Café qui fait un super café et un chai excellent, mais aussi Crêpes in Touch, un petit bout de Bretagne en Inde, le tout dans le quartier Tamoul de Pondicherry).
      Dans trois semaines, si tout va bien, de notre côté, nous serons dans le nord, à Varanasi.
      Très bon voyage!
      Julie

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