auroville premieres impressions inde tamil nadu

Mon titre pourrait froisser quelques personnes. Je n'en suis pas désolée. Je voulais monter en quelques mots l'idée que j'avais d'Auroville, celle que je me suis faite en préparant notre départ il y a quelques mois maintenant. Etre perché n'est pas nécessairement une tare. Vivre en communauté, être appelé « hippie », porter une attention particulière à la spiritualité... tout cela montre une autre manière de vivre, très différente de ce que l'on peut connaître en France. C'est ce qui nous a poussé à passer 12 jours là-bas, à Auroville. Je voulais aussi dépasser mon idée reçue principale: Auroville ça ressemble beaucoup à une secte!
Cet article est une introduction. Il aura au moins une suite. Parce qu'on a des choses à dire. Parce qu'on a des choses à cogiter. Parce qu'on a cherché à dépasser nos premières impressions... (Spoiler: c'est un chouïa raté!)

Auroville, c'est quoi ?

Attention, t'es bien accroché ? On va partir loin (en Inde, mais aussi dans les étoiles, voire les hautes sphères!) Auroville est une communauté située dans la région du Tamil Nadu, en Inde. C'est à 10 bornes au Nord de Pondicherry, mais ce n'est plus dans l'état de Pondicherry.
Auroville c'est une communauté composée de plus de 52 nationalités, mais on trouve une majorité d'indiens et de français.
Auroville est une communauté créée en 1968 par la Mère, la « Mother ». Attention, c'est là qu'on va prendre notre envol ! Avant de te parler de la Mother, je dois te présenter Sri Aurubindo. C'est un indien, qui au départ vivait à Calcutta au début du XXème siècle. A cette époque, c'était un rebelle qui luttait pour la liberté de l'Inde (pas comme Gandhi, visiblement il était plus violent). Et il s'est retrouvé plus ou moins banni à Pondicherry, comptoir français (où les anglais n'allaient pas lui casser les roupettes!). Voilà le lien Wiki, si tu veux en savoir plus.
Petit à petit Sri Aurubindo a délaissé la politique au profit de la spiritualité et de la philosophie. Et un jour, il a eu une illumination (yeahhh!), il a vu que l'arrivée de l'espèce humaine nouvelle. (Uhm ! Uhm!)

batiment sri aurubindo quartier francais pondicherry

Entre temps il y a la Mother qui est venue se mêler à l'histoire. Initialement, la Mother est une française : Mirra Alfassa. Elle a rencontré une première fois Sri Aurubindo alors qu'elle était en voyage à Pondicherry avec son mari en 1914. Elle est revenue plusieurs années après pour continuer son chemin avec Sri Aurubindo. Le mari, ne me demandez pas, je ne sais pas où il est passé.
Entre Mira et Sri A. ce n'est pas un amour charnel à la Twilight. Mais ils sont spirituellement liés (on s'envole ! On s'envole ! On s'envole!). A partir de 1920, Sri A. a vécu comme un reclus. Il écrivait des poésie et développait des idées quant à l'espèce humaine nouvelle, l'éveil, le yoga intégral. (Je ne donne pas plus de détails, je n'en ai pas et je n'ai pas envie de me coltiner tous leurs livres). Et pendant ce temps là, c'est la Mère, la Mother qui a chapeauté tout le bazar (les disciples, les ashrams, les publications, et tout ça!)
Pour en revenir à Auroville, la Mother a eu une révélation elle aussi. Elle a regardé une carte, a vu un arbre et à dit que c'était là qu'elle allait créer une communauté capable d'accueillir 50 000 personnes ; Bim, bam, boum, voilà la genèse d'Auroville. Forcément, les 50 000 moutons supramentaux doivent partager la même spiritualité que Sri A. et la Mother ! (Sinon, ça serait trop easy). Entre temps, mine de rien le gouvernement indien a bien voulu laisser de la terre à la Mother pour développer son idée. L'UNESCO a reconnu Auroville comme une communauté. Ils ont construit le Matrimandir (une grosse boule de golf dorée un peu suspecte, qui pue la secte, pour méditer). Il ont planté des arbres, pleins d'arbres dans une région aride. Et là, clairement, ils ont réussi leur coup. Et depuis 1968, il y a grosso merdo 2000 Aurovilliens. (On est loin des 50 000 mais qui va doucement va loin). Actuellement, Auroville est reconnue comme un centre d'innovations. Ils sont bons en écologie, en permaculture et en sciences globalement. Et tout tourne autour des écrits / paroles de la Mother (ouais ! T'as bien lu!). Globalement la Mother enfonce des portes ouvertes, des trucs qui ne me semblent pas sortis de Saint Cyr. Elle a au moins la sympathie de donner à réfléchir. Je suis sûre que si je commence à lire ses oeuvres, il doit y avoir des trucs plus perchés, plus construits. Mais pour le moment, ce que j'ai lu est soft. Mais ici à Auroville, elle est omniprésente. La construction physique de la communauté est faite selon son logo en forme de fleur. On trouve des phrases d'elle un peu partout. Et le must, c'est quand même la photo de Sri A. et de la Mother qu'on voit aussi partout. (Attention, la Mother peut sembler grave flippante!) #Bonjourlecultedelapersonnalité

auroville matrimandir experience inde
Le Matrimandir

Petite Note en plus: Dans le quartier français de Pondicherry, vous aurez largement la possibilité de contempler les bâtiments de Sri Aurubindo. Il y en a partout!!! et sont aisément reconnaissables par leurs couleurs (gris, blanc et volets bleus). Parfois, il y a juste les logos de Sri A. et de la Mother. Mais si vous en prenez la peine, vous constaterez qu'ils sont vraiment partout (et pas seulement dans le quartier français). C'est un empire et on ne sait pas trop à qui ça profite / ce qui se cache derrière les murs. Dans le quartier français nous avons visité l'Ashram de Sri A. et de la Mother, où repose leur dépouille. C'est gratuit. C'est particulier. Le silence est d'or et on vous oblige à suivre bien gentiment le parcours imposé. Bref, déjà là, c'est space!

sri aurubindo empire pondicherry
Logo de Sri Aurubindo à Pondicherry

Nos premières impressions sur Auroville

J'ai écrit cette partie d'article au moins 4 fois, en étant dedans et comme ça ne se passe pas merveilleusement bien, c'est assez difficile de vous décrire Auroville d'une manière impartiale, ou du moins, en essayant de ne pas cracher ma désolation et ma déception dans cet article. Il y a du bon, malheureusement il y a plus de mauvais à nos yeux que de bon... Ca arrive !

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Plusieurs plaques comme celle-ci ornent le chemin vers le Matrimandir. Ce sont les valeurs de la Mère.

Le positif à Auroville :
- La douche chaude à la Guest House
- Les responsables de la Guest House : Stefania et Giovanni sont super sympas
- Le restaurant qui se trouve dans la Guest House : La Dolce Vita. C'est l'Italie en concentré, avec le soleil, la bonne humeur et surtout la saveur des plats italiens.
- La verdure omniprésente, c'est top. C'est très joli et il y a des petits oiseaux partout. (Ca change des corbeaux dans les villes indiennes)
- Les dosas du dosas corner, c'est pas cher et on se régale à choisir notre dosa. (Ma préférée est la cheese plain dosa, une classique avec du fromage et ça se mange avec 3 sauces dont 2 qui sont très bonnes et épicées)

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Le négatif à Auroville :
- On prend les étrangers pour des pompes à fric. L'entrée d'Auroville, avec le visitor center ressemble à l'entrée d'un parc d'attraction avec les boutiques et restaurants...
- Dès qu'il fait nuit, soit avant 18h30, on circule dans le noir. A pied, c'est loin d'être évident et pas rassurant pour deux sous. (Même si on a une lampe torche).
- On se sent fliqués. Les règles de la communauté sont strictes : pas d'alcool, pas de drogues, pas de tabac, à 9h la cuisine est fermée, à 10h il est fortement conseillé d'être au lit... On a beaucoup de mal avec tout ça. On a fait de la résistance avec Flo et les 2 Marine qu'on a rencontrées ici. Deux soirs d'affilés nous avons tardé à nous coucher – on était au lit quand même avant minuit. Conséquence : le coin fumeur a été délocalisé au bout du terrain, sans lumière, sans table, avec des cafards, fourmis gigantesques et moustiques. Sympa, hein ! (Par la suite, il a été redélocalisé au bout du parking avec 1 table, 4 tabourets et les moustiques et les fourmies. Tout aussi sympa!)
- Les restau sont globalement chers et parfois sans intérêt. C'est clairement fait pour une clientèle européenne aisée. Et il n'y en a pas tant que ça, donc c'est vite répétitif !
- Vivre en communauté ! On pensait avoir quand même un peu la paix. Mais comme on est en dortoir, on n'a peu d'intimité et de tranquillité.

auroville cahute joy community dortoir
Tu vois le triangle ouvert, tout en haut? C'était notre chambre pendant 12 nuits. On n'y tient pas debout. On avait deux "matelas" posés à même le sol en bambou, sans avoir la place de tourner autour.

- La taille de notre « chambre » et putain la nuit on a froid ! Giovanni m'avait dit que la place dans le dortoir qui nous était réservée était petite. Je ne pensais pas à ce point. C'est vite la merde parce qu'on ne peut pas se mettre debout. On a du mal à bouger... Bref, on n'est pas bien installé. On va aussi parler du « matelas » à même le sol en bambou. Le confort n'est pas là. Et ça fait mal au cul de payer 1000 roupies / nuit pour ça ! (A Pondicherry, on était à 600 / nuit pour une vraie chambre, de vrais lits et une salle de bain privative).
- A Auroville, on ne croise pas tant d'Aurovilliens que ça. C'est bien con parce qu'on a un tas de questions qui fâchent à poser. On va peut-être en rencontrer pendant le reste de notre séjour, mais pour l'instant, on a fait la connaissance que d'Antoine, le papa d'une des deux Marine rencontrées ici, qui lui est là depuis un peu plus d'un an.
- On a le sentiment que les indiens ici sont pris pour des sous-fifres. On ne les voit qu'à des positions de subalternes (ménages, réparation, services...). Honnêtement, je crois que le pire, c'est qu'on est les seuls que ça semble gêner !
- Les gens font la gueule ! On pensait un peu arriver chez les hippies où règne la bonne humeur. Raté. Les gens sourient peu. On a eu plus de sourire en ½ heure à Pondy qu'en 4 jours à Auroville.

Dans un prochain article, je pensais aborder des thématiques plus précises sur Auroville. On pensait qu'en une semaine on pourrait découvrir la permaculture, parler de méthodes d'apprentissage... Mais non. On a eu deux problème: Auroville c'est assez fermé et on a choppé la crève (vu qu'on dort dans les courants d'air). Donc, on reviendra sur la suite de notre séjour chez les perchés mais pas que! J'ai déjà écrit 4 ou 5 fois l'article, sans être convaincue, mais comme on vient d'en partir, ça devrait être plus simple pour prendre du recul!
Je tiens à préciser, que si vous envisagez de passer plusieurs jours à Auroville, ne vous focalisez pas sur notre expérience, peut-être que la votre sera bien différente!

auroville premieres impressions inde tamil nadu

3 commentaires

  1. J’adore ton article ! Il y a quelques années, une connaissance revenait extatique d’Oroville, du coup ma curiosité m’a mené sur le web. Ma trouvaille préférée, sur le forum du Routard ou un pro-Oro vantait des valeurs humanistes de haut vol pour convaincre un sceptique : l’échange finissait en insultes ! Un sujet épineux, vraisemblablement !!!!

    1. Author

      Sur le web, il y a de tout sur Auroville, donc on voulait se faire notre propre idée. Pour les insultes sur le forum, ça ne m’étonne pas. On n’a pas caché qu’on n’aimait pas tout cette ambiance faussement méditative / spirituelle tirée par les cheveux et on nous a bien montré qu’on dérangeait. On a eu des regards désapprobateurs la plupart du temps. Mais le pire c’est la réaction d’un nouvel arrivant, quand Flo lui a dit sans nuancer qu’il n’aimait pas Auroville. Le gars est parti et ne nous a quasiment pas parlé pendant 2 jours ^^ Ok… L’idée au départ, en 68, était bonne. Là, c’est plus un attrape touristes et une pseudo réponse à des gens en quête de mieux être.
      (Mais le principal, c’est qu’on en soit partis!!!! lol)


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