journal non confinement Asie Thailande semaine 3

Cher journal... Ah mais non, avec cette accroche je ne peux pas vous demander si ça va par chez vous. Alors comment s'est déroulée votre semaine? Comme la semaine passée? Vous commencez à apprécier le confinement ou ça vous rend complètement dingue? Ici on n'est toujours pas confinés et on ne va pas s'en plaindre. Le quotidien est un peu différent avec l'épidémie mais rien d'insurmontable. Cette semaine, j'ai donc su que je n'avais pas de fièvre, je me suis sentie comme à Fort Boyard et j'ai pu me rendre compte que les gens avaient vraiment du temps à perdre. Voilà donc ma 3ème semaine de non-confinement en Thaïlande.

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Les petites choses quotidiennes en Thaïlande pendant l'épidémie de Covid-19

Alors moi, cette semaine, comme je ne suis pas confinée, j'ai pu aller me promener. Pas juste pour faire ma connasse (un peu quand même) mais surtout j'avais des choses à faire à l'extérieur. Truc de dingue, je suis allée à la poste et à la pharmacie. Toute une épopée qui m'a pris pas loin de 2 heures.

Prendre sa température à la poste en Thaïlande

Par les temps qui courent, il y a des situations un peu absurdes comme le: je suis allée à la poste, je n'ai pas de température. Hors période d'épidémie, cette phrase serait digne d'une aphasique. Mais non. Ici, pour rentrer dans la poste, il faut montrer patte blanche ou du moins prendre sa température et se laver les mains avec du gel hydro-alcoolique. Une dame attend devant le bureau de poste en plein soleil. Et j'avoue que la prise de température, ça fait stresser; Même si je n'ai pas spécialement de raisons d'être malade, ce serait un coup de pas de bol d'avoir 38° au lieu de 37° alors que j'ai marché 5 minutes en plein soleil.

Les pharmacies thaïlandaises plus sécurisées qu'Alcatraz

J'ai continué ma promenade avec la pharmacie. J'étais en rade de Lévo et habituellement en Thaïlande, trouver du Lévotyrox c'est les doigts dans le nez. A Chiang Mai c'est facile. A Kanchanaburi, c'est pas la même chose du tout. J'ai fait plus de 10 pharmacies pour essayer de trouver mon médoc. A Chiang Mai, je prends de l'Euthyrox 100 par boite de 90. J'avais prévu de faire le plein avant de repartir en Malaisie, vu que les médocs en Thaïlande coûtent sensiblement moins cher. Mais là, pas moyen de trouver ma boite de 90 comprimés, ni la même marque.
Est-ce qu'ils en ont ou pas. Là n'est pas la question. Dans la grande majorité des pharmacies où je suis allée, je me suis sentie comme au Laos. Je suis déjà tombée en rade de Lévo au Laos, j'en avais chié pour en trouver! Comme au Laos, ils ne cherchent pas à savoir si oui ou non ils ont le médoc. C'est non, pas envie de se faire chier. Un peu relou quand même! Il n'y a eu que 2 pharmacies où j'ai eu une réponse, dont une où j'ai pu acheter une autre version du Lévo que celle que je prends d'habitude. Mais c'est pas le plus dingue.
Le plus ouf c'est la peur de la maladie. Avant l'épidémie de Coronavirus, les thaïlandais portaient déjà facilement le masque. Mais là, en pharmacie c'est forteresse ++ La plupart des pharmacies ont limité l'accès au magasin. Tu peux rentrer partiellement voir pas du tout. Au niveau du comptoir quand tu peux rentrer, il y a des "objets" qui t'empêchent de t'approcher trop près: une console, un bureau, des cartons ou encore une rangée de déambulateurs. Certaines pharmacies ont monté des parois en plastique pour se protéger en plus du masque. Il y en a même une où j'ai du parler dans un interphone de fortune, montrer mon bout de papier avec le nom du médoc à travers une fenêtre. Tout ça pour qu'on me dise non. Et limite, ils se chiaient dessus parce que je suis blanche. (L'idée que le virus soit une maladie de blanc est très répandue ici, au Laos aussi visiblement).
Du coup, j'ai fait une "balade" de 2 heures à la recherche de mon médoc. N'allez pas croire que c'était fun. Essayez de marcher sous 40° en plein soleil avec un masque. Vous verrez, ce n'est vraiment pas drôle. Bon, j'avoue, je porte le masque uniquement quand il y a du monde. Mais bon, mine de rien, il y a du monde dehors tout le temps!

Le Mac Do fantôme pendant l'épidémie

Habituellement, on mange vers 17 heures quand on est ici. Il y a un marché de bouffe à côté qui est ouvert uniquement l'après-midi. Et parfois il arrive que je ne trouve rien qui me fasse envie. C'est ce qui c'est passé cette semaine et je suis donc allée au Mac Do qui est en face de notre rue. Heureusement qu'on peut manger à la guesthouse parce que le Mac Do ici ne fait plus que de la vente à emporter. Toutes les chaises et les tables ont été enlevées. C'est assez incroyable à voir, ce vide inhospitalier. Pas que je trouve l'ambiance Mac Do hyper friendly habituellement, mais là, il n'y a même pas la possibilité de glander sous la clim. (Pas grave, on a la clim dans la chambre pour une fois!)

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La vue depuis le coin fumeur de la guesthouse... On a connu plus dégueulasse, c'est peut-être pour ça que ça ne nous dérange pas de ne pas trop bouger!

Les gens, le virus et moi...

La cohabitation, ce n'est pas toujours une partie de plaisir

Depuis qu'on est en Asie, on vit essentiellement en guesthouse. On a une chambre, souvent une salle de bain et des toilettes en commun, parfois des espaces communs. Et on vit avec des inconnus. Ce détail de notre mode de vie nous permet de faire de belles rencontres de temps en temps. On croise des gens qu'on n'aurait jamais croisés en France, avec qui on aurait jamais discuté. Selon les pays, selon la guesthouse on va faire plus ou moins de rencontres. On ne court pas après mais de temps en temps c'est sympa de rencontrer de nouvelles personnes. On n'est pas non plus les gens-hyper-friendly-qui-parlent-à-tout-le-monde-même-si-tu-ne-veux-pas-leur-parler. Ces gens, on a tendance à les fuir. Ils n'ont pas de limite. Une fois qu'ils te parlent, tu ne sais plus t'en débarrasser. On parle de temps en temps aux gens et on est aussi archi conscients que pour notre bien-être on a besoin de tranquillité, d'intimité. Et j'ajouterai, j'ai besoin qu'on me foute la paix. (Dans notre couple, c'est Flo le gars sociable pas moi!)
Bref, en ce moment la situation est particulière. On est bloqués en Thaïlande, on est aussi invité à éviter les déplacements au sein du pays. Du coup, petit à petit on voit moins de touristes de passage et on se retrouve entre gens qui préfèrent être en Thaïlande plutôt qu'en Europe. Nos voisins de chambre étaient des lituaniens, sympas et un peu bruyants, ils sont partis vers le sud cette semaine. On se retrouve donc en petit groupe restreint composé de: 2 belges flamands, 1 espagnole qui a du poil au pattes, 1 singapourien qui ne peut pas rentrer à Singapour. Et ce dernier est particulier vraiment pénible. Il est dans une dynamique qui est un peu aux antipodes de la notre. Il parle beaucoup, il est trop serviable pour que ce soit honnête, il a parfois des attitudes de drogué. Yeahhhh! Perso, j'ai mis les limites très vite. Il a fait à manger pour tout le monde - ce qui peut paraitre super sympa mais on ne lui avait rien demandé - et quand il était temps de passer à table, je n'y suis pas allée. (J'avais dit non le matin, c'était toujours non le soir). Du coup je passe pour une putain d'asociale mais au moins il a compris que je ne cherchais ni un ami pour la vie, ni un ami tout court et il a arrêté d'essayer de me vendre des cosmétiques coréens ou encore des bitcoins. Il a aussi la suprême volonté de faire la fiesta tous les soirs. Il picole avec tout le monde juste devant notre porte de chambre. Ca me pompe l'air tu ne peux pas imaginer! Hier, on a aussi eu le droit à un épisode de série avec lui. Il était absent et un groupe de thaïlandais s'est pointé à la guesthouse pour le chercher. Ils ont demandé à Flo s'il le connaissait, à la Maiban aussi. Et le singapourien est arrivé. Il leur devait de la thune. On n'a pas cherché à en savoir plus, ce n'est pas nos oignons. En revanche, j'aimerai vraiment qu'il aille voir ailleurs s'il y est. Les nids à emmerdes, très peu pour moi.
On est retourné à cette guesthouse parce qu'on la connaissait et qu'elle est d'un calme impressionnant. C'est pas pour être emmerdés le soir avec des gens qui picolent. On ne peut pas les envoyer dans un bar, normalement, les bars sont fermés depuis une dizaine de jours. Mais bon... Pour le moment, on prend sur nous. On verra jusqu'à quand on sera capable de l'encaisser. Au quotidien, on n'a pas des attentes de dingues. On n'est pas frustrés d'être en Thaïlande et de ne pas pouvoir visiter tous les jours. En revanche, notre tranquillité, on y tient.

Des nouvelles de partout, de France et d'Asie

Ces 3 dernières semaines je crois que j'ai eu plus de nouvelles des gens qu'en plus de 3 ans en Asie. J'ai eu des nouvelles de la France: mes frangins, mais ça, ça ne change pas de d'habitude. Là, on s'appelle quand on a le temps et pas seulement le dimanche. J'ai eu des nouvelles de mes meilleures amies en France. C'est cool, elles ne bossent pas donc on a un peu plus le temps de s'envoyer des messages. J'ai même eu des nouvelles de personnes que je n'ai pas vues depuis plus de 10 ans comme ma meilleure copine en première et en terminale. Truc de dingue!
J'ai aussi des nouvelles d'ailleurs en Asie. Toutes les semaines, Natalie la propriétaire de la guesthouse où l'on vit à Kuala Lumpur et moi on se donne des news et on compare les décisions des 2 pays. J'ai eu aussi des nouvelles de Laulau, notre pote au Laos chez qui ont a vécu une paire de mois. Le Laos, du moins à Luang Prabang, ils sont entrés dans un confinement total. Les laotiens sont flippés de la maladie. Et vu le système de santé dans le pays, ça peut se comprendre. En revanche, la clinique privée près de chez nos potes a fermé ses portes. Je crois qu'ils n'ont pas tout à fait compris comment ça marchait leur business! J'ai aussi eu des nouvelles d'Ajith, l'un de nos amis en Inde. Il est confiné chez lui dans le Kerala et ça va.
On a aussi suivi le retour dans le pays d'origine de certains de nos potes. Jess et Dim qu'on a rencontrés ici sont finalement bien rentrés en France en début de semaine. (Putain, ils se souviendront de leurs vacances!) Jo, un copain qu'on a rencontré il y a 2 ans à Chiang Mai a pu rentrer au Canada, non sans peine lui aussi.

Il se passe quoi dans la tête des gens?

Cette question, je me la pose trèèèèèèès souvent en temps normal, mais encore plus maintenant. Au risque de vous choquer, il ne faut pas compter sur moi pour diffuser à tout bout de champs le slogan: "restez chez vous". Il me pose problème à plus d'un titre. Je déteste cette pression sociale archi-pesante. Le commun des mortels devient flicaille de la bonne parole et de la bonne conduite. Ouais, alors non! En revanche, j'aime me dire que si on laisse l'opportunité aux gens de ne pas être trop cons, ça marche aussi. Par les temps qui courent, le fait de ne pas être trop con passe par le fait de rester chez soi un maximum, non pas pour sauver l'humanité mais pour éviter de choper le virus et de le propager. C'est un peu de la logique: On évite de se rendre malade sans raison valable. Pas besoin de le rabâcher et de créer une espèce d'oppression collective.
En Thaïlande, pour le moment nous ne sommes pas confinés. Il y a un couvre-feu qui a été mis en place cette semaine et il ne change en rien nos habitudes. A 22 heures, on est à la guesthouse, on n'a rien à foutre dehors. On a été invité à éviter les déplacements qui n'étaient pas nécessaires. On avait déjà pas prévu de bouger de Kanchanaburi, ça nous a conforté dans nos choix. On a aussi un mode de vie généralement qui est très slow: on visite peu parce que je dois travailler, on sort pour manger, on préfère boire une bière à la guesthouse plutôt que dans un bar bondé de touristes, etc. Et on est français, on a accès à la presse française, on voit bien que le virus peut foutre un bordel monstre et que bouger moins est indispensable en ce moment.
Comme je le disais plus haut, en ce moment à la guesthouse, il y a quelques européens. Et certains d'entre eux continuent de vivre comme si de rien était. Ils continuent à visiter ce qu'il y a à voir dans le coin. Ils continuent à voyager dans le pays. Ca me dépasse. On voit le bordel qui se passe en Europe, je n'ai pas spécialement envie que ce soit la même chose en Asie. Je ne comprends définitivement pas ce comportement insouciant et le rienàfoutisme de certaines personnes. Là, il est question du virus, mais ce type de comportements je-men-bas-les-couilles-du-pays-dans-lequel-je-voyage est fréquent. On peut prendre l'exemple des gens qui picolent dans la rue tout en se promenant sur un marché de nuit, l'exemple de ceux qui ne savent pas s'habiller correctement et qui se promènent à moitié à poil en pleine ville ou à proximité de temples, l'exemple de ceux qui jettent des papiers au sol alors qu'ils ne le feraient JAMAIS dans leur propre pays. Ce manque flagrant de civilité me dépasse. Je ne comprends vraiment pas et je pense que je ne le comprendrais probablement jamais. Et même si j'aime à croire que les gens peuvent ne pas être trop con, je sais que certains le sont suffisamment pour les autres.

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La classe quand même ce masque Hello Kiity! Je pourrais acheter un pyjama assorti mais je ne suis pas sûre que ce soit au goût de Flo!

Voilà, voilà le résumé de notre 3ème semaine de non confinement en Thaïlande. On est le 5 avril. Dans 3 jours notre visa arrive à expiration. Ca aussi ça promet d'être épique. Pour le moment, les informations relatives au renouvellement de visas sont quasiment inexistantes. Je sens que je vais avoir de quoi vous raconter la semaine prochaine! En attendant, je vous souhaite un bon dimanche et prenez soin de vous!


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