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Immigration, violences et nuits blanches – bienvenue à Luang Prabang

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J’ai tardé à publier cet article, je voulais le faire une fois qu’on était hors du Laos, sait-on jamais, je ne tenais pas à me retrouver en taule. Un autre suivra aussi… Au moins j’aurais évité la censure!
Le Laos, c’était une étape qu’on attendait beaucoup, parce que mon frère y vit depuis un peu plus d’un an. Ca faisait donc un peu plus d’un an que nous ne nous étions pas vus. Comme d’habitude, je n’avais pas préparé grand chose en avance. Mais limite, préparation ou pas, ça ne nous aurait pas aidé des masses. Les premiers jours ont été une vraie galère, au point où on s’est demandé si nous n’allions pas faire nos sacs et repartir en Thaïlande… Attention, ce qui va suivre est une série de galères qui heureusement arrivent rarement, mais qui peuvent arriver.

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Galère n°1 – Visite de l’immigration

On a passé la frontière thaïlandaise, le samedi. Déjà quand on est arrivé à Vientiane, on n’a pas eu une super impression des Laos. Ils ne parlent pas anglais, sont assez désagréables. Ok passons… On a glandé dans la gare routière – gare la plus triste que nous ayons vu depuis le début. On passe notre nuit dans le bus couchette, c’est drôle même si on final on était frigorifiés – même avec la grosse couverture Hello Kitty qu’on nous avait donnée. On arrive, on voit mon frangin *** Bonheur *** et on va chez Momo, un copain de mon frère qui fait parti de la famille maintenant. Momo vit dans un village à côté de Luang Prabang. Ce n’est pas la ville, mais ce n’est pas non plus un truc paumé au milieu des montagnes (Il y a quand même un bowling mais ça j’y reviendrai dans un autre article…) Bref on fait notre life, Antoine est allé nous chercher une baguette, un saucisson et de la bière. Nickel pour le petit déj! Le lendemain, le lundi, on est seuls à la maison. Momo et Lauren sont à Bangkok et reviennent dans l’après-midi. Le frangin taf. Au matin, on a la visite du propriétaire de Momo. Il nous demande de payer 20 000 kips. Même s’il ne parle pas anglais et si je ne parle pas Lao, il sait me faire comprendre qu’il faut payer. Je me fous gentiment de sa gueule. Il part.
Quelques heures après, on est toujours dehors et là je vois un tas de personnes agglutinées sur la barrière. Ils me font signe, je fais signe. Il m’appellent. J’arrive en pensant que c’était des voisins curieux qui allaient me taxer un selfie. J’ai passé trop de temps en Inde et clairement on n’y est plus. Cet amas de personnes n’étaient pas des voisins. C’était le service de l’immigration. 12 personnes en uniformes et en civils qui prennent radicalement possession du jardin. Ils s’installent partout. Ils regardent partout. Ils posent évidemment des questions sur notre séjour. Ils en posent aussi sur les locataires de la maison, nos potes. C’était juste supra désagréable. C’est la première fois en plus d’un an qu’on a un contrôle d’identité, qui plus est dans une propriété privée. Mais ça au Laos, c’est un concept qui n’existe pas! On est dans une pseudo république qui a de bons gros airs de dictature communiste. Si tu pensais que le communisme s’était éteint avec la chute de l’URSS, tu te mets le doigt dans l’oeil et bien profond. Et comme dit Flo, c’est suspect quand t’en fais trop: Le Laos c’est surtout La République Démocratique Populaire du Laos. Un peu too much et trop « beau » pour être vrai. Tu vois, la France elle est ce qu’elle est, mais c’est juste République Française pas besoin d’en faire des tonnes! Bref, bref!
Après l’interrogatoire et les observations silencieuses des 12 personnes qui ne sont pas présentées, of course, celui avec qui je parlais m’a quand même dit qu’on pouvait faire renouveler notre visa si on en avait besoin. Ouais bah déjà après cette visite, on avait plus envie de fuir que de rester, alors prolonger, faut pas pousser! Une fois qu’ils sont partis, on s’est pris une bière, fallait bien ça. Ce n’était clairement pas agréable et fallait décompresser. (Nous qui ne buvions quasiment plus, je t’assure qu’on s’est rattrapé au Laos!)

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Galère n°2 – Le propriétaire de la guesthouse a voulu me frapper

Vu que rester chez Momo et Lauren ne nous bottait pas des masses et qu’on ne voulait pas se taper les visites de l’immigration, on a décidé de faire des touristes lambda et on est allé dans une guesthouse sur la rive du Mékong. La guesthouse était propre. Le patron et sa femme, de vraies gueules de cons. Mais ça à l’air d’être un critère national ici. Le temps passe. On paye en avance, plusieurs nuits. Et le dimanche, on rentre un peu après 11h le soir. (Je reviens sur la notion de couvre feu dans la prochaine partie). Bref on rentre tard et on arrive devant la porte close, volets fermés. On tape à la porte. Rien. Le patron est sourd, même quand on l’appelle à l’intérieur, il met du temps à répondre. On décide d’ouvrir la porte nous même. Attention, la sécurité de fou, la porte ferme avec deux loquets. Ni plus, ni moins. On arrive à ouvrir la porte et on entre. Arrive le propriétaire, complètement fou. il nous accuse d’avoir cassé sa porte. WTF?! J’essaye de le raisonner, il part radicalement en steak. Ca gueule. J’envoie Flo dans notre chambre avant qu’il ne lui en colle une. Ce cirque a duré 2 bonnes heures. On a réveillé toute la guesthouse. Un américain est venu nous aider à remettre la porte que le propriétaire avait déboité. Il a essayé de calmer le jeu. Moi je m’en fiche, je n’ai rien à me reprocher. On continue de gueuler. Le propriétaire commence à me filmer sans mon autorisation. C’est mal me connaitre, je me mets à parler en français. C’est pas comme si lui ne m’avait pas insulté en chinois ^^ Bref, ça le soule de ne pas avoir de contrôle sur moi et en plus, je suis une femme. Il a même essayé de faire preuve d’autorité comme si j’étais sa femme. La bonne blague. Je l’ai remis à sa place. Il m’a menacé d’appeler la police, je lui ai répondu qu’il pouvait aussi appelé l’immigration – tant qu’à faire! Il a fait semblant de les appeler. Il a vraiment cru que j’étais la reine des connes. J’ai attendu les flics sans soucis. Bien entendu ils ne sont jamais arrivés.
Le lendemain matin, nos sacs sont faits et on veut partir. Avant ça, je veux récupérer la nuit que j’avais payé en avance. C’est reparti. Il part en couille. Il gueule, me traite de menteuse. Le même cirque que dans la nuit. Flo reste derrière moi et tente de ne pas lui exploser la gueule. Et moi je reste sur mes positions. Ca l’énerve de plus belle. Il lève les bras, pour m’en coller une. Il se ravise un instant et prend la chaise pour me la mettre sur la gueule. J’avoue sur le coup j’ai flippé surtout par surprise. C’est impensable, inimaginable qu’un patron de guesthouse ait un tel comportement. Mais j’ai un instinct de survie un peu à chier, j’ai continué à lui faire face. Flo derrière moi à se contrôler tant bien que mal. Je lui ai dit qu’il devait appeler la police, que s’il ne le faisait pas, j’avais des amis qui arrivaient et qui allaient le faire. (Flo avait envoyer un message à Momo si ça dégénérait encore plus). Bizarrement, ça l’a calmé pas mal. Une vaine pour moi après avoir été traitée de menteuse plusieurs heures et avoir manqué de me prendre une chaise sur la gueule. Je ne me suis pas excusée d’avoir cassé sa porte, je ne l’ai pas cassée. Et il a fini par me rendre l’argent versé.
Juste après, on est allé boire un café chez la petite dame à côté. Visiblement elle déteste le patron de la guesthouse – faut dire qu’à Luang Prabang, les laos détestent les chinois. Elle a essayé de savoir pourquoi j’avais gueulé dans la guesthouse. Je n’ai rien dit. En revanche, elle a bien remarqué les piqures que j’avais sur les bras et le dos. Bah oui, en prime on a eu des punaises de lit! Cadeau!
Bref, surtout n’allez pas à Phoussi 2 Guesthouse à Luang Prabang, le patron a un problème avec la violence. (Et s’il passait un peu moins de temps à jouer à GTA, ça pourrait peut-être aider)

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Galère n°3 – Nuit blanche malgré le « couvre feu »

Suite à cette aventure mouvementée, on a changé de guesthouse. On est parti un peu plus loin dans une guesthouse pour backpakers, ce qui est généralement plus cool. Notre première nuit c’est facilement déroulée, vu qu’on n’avait quasiment pas dormi la veille. Mais la seconde nuit était infernale. Juste à coté de la guesthouse, des locaux ont fait la pendaison de crémaillère d’une dalle en béton. (Pourquoi attendre que la maison soit finie?). Ca a commencé avec des chants rituels des moines bouddhistes. Je ne suis pas fan, mais pourquoi pas. Et quand on est rentré de manger, les moines avaient laissé leur place aux bonhommes, famille et amis probablement. Et ça picolait sévère. Les laos parlent aussi fort qu’ils travaillent peu. C’est pas peu dire, le lao n’étant pas le travailleur efficace qu’on a pu rencontrer en Inde. Passons! On était tranquillement dans le lit, mais le bruit était là. Pas de fenêtres, pas d’isolation… il n’y a pas de magie. Avec Flo, on a espéré sans trop y croire que ça se calmerait avec le couvre feu. Ouais au Laos, il y a un couvre feu, tu ne te sens pas libre de quoi que ce soit après 11h, même pour rentrer dans les guesthouses. Enfin, nous on ne se sent pas libres, mais les Laos n’en ont rien eu à carrer. Toute la nuit c’était le bordel. Flo a du dormir 3 heures, en gros à partir du moment où le jour s’est levé. Forcément, on n’était pas jolis à voir après 2 nuits blanches en 3 jours.
Pour couronner le tout, à 8h30 la gérante de la guesthouse nous pousse à partir alors qu’on serait bien resté. Sa guesthouse était full, on a du trouvé ailleurs. Easy! Avec mes cernes et le peu d’énergie que j’avais, j’ai fait le tour des guteshouses de Luang Prabang, en évitant celles qui étaient trop chères et celles tenues par des chinois (faut pas pousser, hein!) On a fini par trouver, mais non sans mal.

Depuis qu’on est arrivé en Asie, soit plus d’un an, on a eu notre lot de galères, mais on ne les avait jamais cumulées en si peu de temps. On a pensé plusieurs fois à faire nos sacs et partir mais on voulait rester pour profiter du frangin et des copains. Je reviendrai dans un article sur ce qu’on a pensé de Luang Prabang et de ce qu’on a vu du Laos. Mais fallait bien que je partage nos galères… Ca fait aussi parti du voyage! (Et depuis que c’est arrivé, on en rigole déjà!)

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