nomade journal confinement thailande semaine 4

Cher journal, toujours pas de confinement ici en Thaïlande. On s'auto-confine... Pas qu'on soit des excités de la visite et du tourisme habituellement, mais tant qu'à faire autant prendre soin de nous et profiter de la vue sur le jardin de la voisine! J'espère que par chez vous, ça roule aussi et que vous y trouvez votre compte quand même dans ce confinement! J'espère que vous arrivez à surpasser vos envies de meurtres sur les êtres que vous êtes censés aimer. Comme tous les dimanches depuis un mois, voilà ce qui s'est passé dans notre quotidien.

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Visa, mon beau visa... Dis moi qu'on peut rester en Thaïlande en toute légalité

Le principe des visas pour les nuls

La semaine passée j'avais terminé mon journal en évoquant la question de notre visa qui arrivait à son terme cette semaine. Pour les personnes qui n'ont pas l'habitude de voyager hors Europe, il faut savoir qu'en Asie, pour voyager dans un pays en toute légalité, il faut un visa. Certains pays offre une exemption de visa, c'est à dire qu'on peut rester dans le pays sans payer pendant un temps donné. La Malaisie c'est 3 mois. La Thaïlande et l'Indonésie c'est un mois. D'autres pays font payer tout de suite: l'Inde, le Laos, le Sri Lanka, le Népal. C'est plus ou moins fastidieux. C'est plus ou moins cher. Ca dépend des pays. La palme des emmerdements va à l'Inde avec un formulaire pénible à remplir, des frais assez élevés et une réglementation qui change très souvent quant au visa tourisme classique. (Le visa électronique, c'est autre chose encore!)
Là, on est en Thaïlande, quand on est rentré sur le territoire thaïlandais, on est passé par l'immigration. On a eu un beau tampon sur notre passeport valable 30 jours. En Thaïlande, il est possible d'étendre le visa de 30 jours supplémentaire. On l'a déjà fait il y a quelques années, quand on était à Chiang Mai. Il faut aller dans un centre d'immigration, avoir des photos d'une dimension particulière et sur fond bleu, remplir un formulaire, payer 1900 bahts chacun et poireauter. Ca nous donne le droit de rester plus longtemps et d'avoir un tampon plus gros sur le passeport.
Dépasser la date limite sur le visa sans sortir du territoire, c'est de l'over-stay. C'est illégal. En Thaïlande, une amende de 500 bahts par jour de dépassement est appliquée et quand il y a abus, ça peut se coupler avec une interdiction de remettre les pieds dans le pays. On a frôlé l'over-stay au Népal, une galère sans nom pour trouver un bus qui partait de Katmandou pour arriver à la frontière. On est sortis du pays 24 heures en retard. On n'a pas eu d'amende à payer.

La France qui piste mais qui ne sert à rien

Notre visa s'arrêtait le 8, le jour de la Saint Julie. Si c'est pas un signe ça! Ahah! On a tâché de se renseigner pour avoir des infos que ce soit auprès des sites gouvernementaux thaïlandais ou de l'ambassade de France en Thaïlande. Cette dernière a brillé par son manque d'efficacité. C'était magique!
L'ambassade de France en Thaïlande est à Bangkok. Elle a fermé ses portes au public et tout se passe en ligne ou par téléphone. Elle s'auto-félicite de mettre des vols de rapatriement vers la France pour les touristes bloqués. (Vols payants hein!) Elle communique autour des informations légales. C'est comme ça que j'ai appris que le gouvernement français avait mis en place des restrictions d'accès à son territoire, même pour les ressortissants français. En gros, vous voyez votre attestation de sortie pour sortir de chez vous? Bah en venant de l'étranger, il faut l'avoir et il faut une autre autorisation qui est internationale. Mais là n'est pas la question. On parlait de visas! On ne s'y est pas pris à la dernière minutes. Depuis que les frontières ont été fermées, cette question reste dans nos esprits. Au départ, l'ambassade proposait une lettre type à télécharger et à remplir soi-même. Cette lettre était à joindre au dossier pour l'immigration. Après, ils nous ont pondu un formulaire à remplir en ligne. Et l'ambassade devait nous envoyer par mail cette attestation. J'ai rempli le formulaire. J'attends encore une réponse de l'ambassade. Efficacité zéro! Je pense que ce formulaire avait plus pour but de pister les français qui étaient encore en Thaïlande que d'apporter une réelle aide à ceux qui le demandait. (J'adore être pistée, t'imagine même pas!)

Amnistie de visa in extremis

Certains pays d'Asie ont fermé leurs frontières et se sont penchés rapidement sur la question du visa. C'est le cas pour l'Indonésie qui a très vite offert une amnistie de visa pour les touristes. En gros, tout le temps que c'est la merde, le gouvernement laisses tranquille les touristes qui sont déjà présents dans le pays. La Thaïlande n'a pas été aussi réactive. On est bloqués depuis plusieurs semaines maintenant et ce n'est que cette semaine que la question du visa a été abordée par les autorités. Les touristes et expats pétaient les plombs parce que dans le bureaux d'immigration, la distanciation sociale n'existe pas. J'ai vu sur Twitter des photos des bureaux de Bangkok ou de Phuket. C'était blindé de monde en fil indienne. Le fameux 1 mètre entre chaque personne c'était une utopie. Nickel en période de pandémie!
Et on a eu du bol! Mardi un texte était présenté au gouvernement pour régler cette question du visa. Mercredi on a attendu de voir ce qu'il en était quitte à être en over-stay. Jeudi on a eu le fin mot de l'histoire dans la presse locale.
Au final, on est tranquille au moins jusqu'au 30 avril. La Thaïlande est en état d'urgence jusqu'à cette date et il peut être prolongé. Une fois que la situation sera redevenue normale visiblement on a le choix entre quitter le pays (si c'est possible) ou étendre le visa. Ca va être à nouveau un joyeux bordel dans les bureaux d'immigration vu que beaucoup de monde va se précipiter pour étendre son visa au même moment. Cette amnistie de visa nous offre du répit. On verra bien à la fin du mois comment ça se goupille (à savoir si on peut aller en Malaisie = si la Malaisie a rouvert ses frontières, s'il y a des vols entre Bangkok et Kuala Lumpur...)
Et c'est dans des situations dans ce genre là que je me dis qu'on a du bol de voyager en Asie depuis plusieurs années et que cette pandémie ne soit pas notre première galère de voyage. Je suis carrément zen même s'il y a beaucoup d'incertitudes dans notre situation!

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Semaine plan-plan en Thaïlande

36.1 tout va bien!

Mis à part cette question de visa, notre semaine a été assez plan-plan. Au 7/Eleven (les supérettes ici) on nous prend parfois notre température avant de rentrer. J'en avais déjà parlé la semaine passée. Je ne régule pas spécialement ma température. Chez les gens normaux, c'est la thyroïde qui se charge de ça. Je n'ai plus de thyroïde du coup il m'arrive de me balader enveloppée dans mon plaid en pilou alors qu'il fait 30°. Là, ça va. Il fait carrément chaud. Vendredi, mon ordi annonçait un indice de chaleur de 44°. On approche de Pimaï / Songkran / du nouvel an tamile. Il y a deux ans on était au Laos à cette période et il faisait aussi extrêmement chaud. L'an passé on était à Pondy à cette période et on ne sortait que pour manger et quand la nuit tombait. Bref, il fait chaud. Et mon corps s'en bats les couilles. Jeudi j'ai marché jusqu'au centre ville, j'ai fait les magasins, tout ça avant 17 heures. Avant de repartir vers chez nous, je passe à la supérette, température 36.1°. Nickel!

Oulala, j'ai fait du shopping

Ca ne nous arrive pas souvent d'acheter. On achète quand on en a besoin. On n'aime pas spécialement faire les magasins et comme là on a la clim dans notre chambre, on n'est pas obligée d'aller se promener dans les galeries marchandes pour avoir un peu de fraicheur. (C'est l'une de nos activités quand on est en Malaisie!). Cette semaine je devais acheter des masques pour les envoyer en France. J'avais aussi besoin de shampoing. Les Thaïlandaises sont à fond dans les produits cosmétiques. Elles claquent des sommes folles là dedans. Il y a des boutiques spécialisées en Thaïlande et en Malaisie. J'y mets très rarement les pieds. Mais comme là je voulais essayer un autre shampoing que ceux qu'on trouve dans les supérettes, j'ai fait l'effort. Et j'ai trouvé un shampoing à la bière. Héhé!

Slow, slow, slow et pas trop vite

Sinon cette semaine, j'ai poursuivi mon apprentissage d'un mode de vie plus slow. Après l'activité: "Je regarde les poules et coqs faire leur life dans l'impasse", après l'activité: "Ohhh il est trop drôle cet oiseau", il y a eu l'activité: "Je regarde la fleur du cactus éclore". Bon, je ne fais pas que ça non plus. Je bosse tous les jours (même le week-end). J'écris entre 1 500 et 6 000 mots par jour. J'essaye de ne pas trop regarder de séries parce que je suis capable de ne faire que ça. Mais globalement, cette période toute singulière permet de lever encore plus le pied. On s'auto-confine, on ne sort que quand c'est nécessaire, quand on a un truc à faire à l'extérieur. Et le reste du temps, je profite du cadre qui compose notre quotidien. Ce serait con de passer à côté à cause de la pandémie. Savoir apprécier ce qu'on a, savoir voir les petites choses qui se trouvent devant nos yeux... Perso, ça me suffit! On a aussi été se faire un bain de pied dans la rivière histoire de profiter du soleil et du paysage. Je n'ai pas de photo puisque je dépends de Flo et de son téléphone et qu'il l'avait laissé dans la chambre...

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Quelques renforcements de l'état d'urgence en Thaïlande cette semaine

Pour terminer cet article, je vais revenir sur quelques mesures prises cette semaine. Avant ça, il y a eu une mesure qui a été prise rapidement par les autorités thaïlandaise, c'était d'annuler Songkran, le nouvel an bouddhiste. Il y a deux ans, on a fait son équivalent au Laos (Pimaï), c'est plusieurs jours de fêtes, de batailles d'eau et d'alcool. Tous les ans d'ailleurs il y a de nombreux morts sur les routes à cette occasion que ce soit au Laos comme en Thaïlande. Cette année, avec le virus, Songkran est annulé, du moins les festivités associées. (On devait quitté initialement la Thaïlande le 8 donc avant le nouvel an, on était un peu dég de ne pas le fêter. Là on est en Thaïlande mais ne pas célébrer le nouvel an ne nous pose aucun soucis). On arrive donc a une mesure qui a été prise cette semaine: l'interdiction de vendre de l'alcool jusqu'au 30 minimum. Plus de bières, plus d'alcool dans les shops ou dans les 7/Eleven. Perso, ça ne change pas trop mes habitudes, je bois rarement. Entre Songkran et les touristes qui boivent pas mal, ça me semble être une bonne initiative. Au moins, ça devrait éviter certains débordements!
Hier sur le marché (le marché c'est une rue), il y avait au milieu une sorte de sas en plastique. Le gars qui se trouvait à côté avait l'air d'un civil, c'était définitivement pas un flic ou un militaire. Tout le monde devait passer dans le sas où un liquide était pulvérisé. On n'a pas été fans du tout de l'initiative. 1/ Parce qu'on avait des sacs de bouffe dans les mains. Produit + bouffe = ça ne fait pas bon ménage 2/ On ne savait pas quel produit était pulvérisé. On n'a pas kiffé mais on s'est plié au jeu... Surtout pour avoir la paix. Il y a quand même 2 ou 3 commerçants bien racistes sur le marché, quelques clients aussi. Et comme l'idée que le Covid-19 est une maladie de farangs est commune ici. On la ramène pas trop. ("Farang" voulait dire français à l'époque coloniale, maintenant ça désigne essentiellement les blancs).

Voilà, c'est la fin de ce nouvel épisode de Julie et Flo sont bloqués en Thaïlande pendant la pandémie. Demain, une nouvelle semaine commence, on verra bien de quoi elle sera faite. Je crois que Songkran tombe le 14, on verra ce que ça donne ici au final. Belle fin de dimanche à vous. Prenez soin de vous!


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