covid19 confinement asie nomade journal semaine 1

Cher journal... J'aime bien cet accroche, ça me rappelle l'époque de l'adolescence où je n'avais que ça à foutre que d'écrire un journal intime. Là, niveau intimité, c'est un poil différent. Mais là n'est pas la question. Depuis lundi, la France est en mode confinement à la maison / insulte sur les réseaux sociaux. Et beaucoup de personnes se mettent à écrire un journal de confinement. Perso, pour le moment, je ne suis pas confinée. N'empêche que cette semaine, elle valait bien son pesant de cacahuètes. Elle a même été spécialement What the Fuck! Alors histoire de rassurer nos familles et quelques amis et ne pas avoir à répéter toujours la même chose, voilà la première semaine de mon journal de confinement sans confinement. Héhé!

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La Malaisie Les pays d'Asie ferment ses frontières

Début de semaine, il y avait des anglais à la guesthouse qui étaient emmerdés. Ils avaient prévu d'aller au Sri Lanka, mais l'île au large de l'Inde a déjà fermé ses frontières. Le Coronavirus, c'est chouette, ça fait parler les gens entre eux. Et du coup, les anglais nous ont demandé où on comptait aller après. Le plan c'était la Malaisie. Il a fallu qu'on en parle pour que moins d'une heure après Flo me dise: "La Malaisie a fermé ses frontières et a pris des mesures (...) au moins jusqu'au 31 mars".
Julie relativise, notre visa court jusqu'au 8 avril. Ca nous laisse le temps de voir venir et de trouver une solution. La situation change très régulièrement, d'ici là, on devra composer avec d'autres facteurs encore inconnus. Du coup, on peut stresser maintenant mais ça ne sert pas à grand chose.
Mais ça commence à devenir un peu pénible cette situation. Même si on évite de rentrer dans la psychose, dans les questionnements sans fin, etc. Le problème d'avoir à bouger on ne sait pas où reste dans un coin de notre tête. Honnêtement, tu me demandes d'arrêter de bouger, il n'y a pas de soucis. C'est pas comme si on bougeait dans tous les sens, bien au contraire. Mais pour que j'arrête de bouger d'un pays à un autre, il faut un visa plus long qu'un mois. Tu pourrais me dire que je pourrais rentrer en France. Ouais mais non! Déjà, je ne vis plus en France depuis quelques années. Ce n'est pas comme si je devais écourter mes vacances. Je ne suis pas en vacances. Après, je ne comprends pas très bien l'intérêt de rentrer en France vu la situation du pays. Limite, c'est plus dangereux de rentrer que de rester en Asie. Et rentrer pour être confinés, ça ne vend pas du rêve du tout. (A choisir, on préfèrerait largement être confinés à Kanchanaburi!) (Cette pensée n'est pas pire que les parisiens qui ont rejoint leur résidence secondaire, moi, je suis déjà sur place!)
Vendredi, ça a changé aussi. Les autres pays d'Asie suivent la Malaisie. Le Laos a fermé ses portes. La Thaïlande aussi. On est en Thaïlande, du coup, il faudra voir avec le temps si on peut prolonger notre visa ici. C'est pas pour faire du tourisme et aller se promener dans toute la Thaïlande. On ne le faisait déjà pas avant. Et là, limiter les déplacements c'est le minimum syndical. On a senti que les thaïs commençaient à psychoter, beaucoup plus de personnes portent des masques dans la rue. On songe sérieusement à en acheter un, juste pour qu'on nous foute la paix.
Cette semaine a donc été un peu chiante par rapport au plan qui était prévu. On verra bien, pour le moment, on n'a pas d'urgence à bouger. On improvisera le moment venu. D'ailleurs, je pense que je vais ajouter sur mon CV la compétence improvisation. On va devenir encore meilleur avec cette histoire.

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Ma semaine de boulot un peu beaucoup What the fuck

Et comme je ne suis jamais en vacances, cette semaine j'ai bossé. C'est cool cette histoire de confinement et de télétravail. Les gens comprendront peut-être un peu mieux mon quotidien. Le confinement c'est la bonne occasion pour les gens de lire mon blog, du coup, j'écris beaucoup. Ca c'est le point cool de la semaine.
Avec le confinement en revanche, c'était un peu Beyrouth dans ma boite mail. J'ai eu des mails pour m'annoncer que certaines entreprises fermaient leurs portes par précaution. J'en ai eu d'autres pour m'avertir qu'ils bossaient en télétravail. J'en ai même eu pour communiquer sur des livraisons gratuites. Le confinement n'a pas été vendu avec un guide pour expliquer le déroulement des choses. Cette semaine j'aurais pu décerner une palme d'or à un client qui nous a pris pour des bourriques. Mardi, je reçois un mail pour m'avertir qu'ils stoppaient leur activité. Mercredi, je reçois un démenti: "Nan, t'inquiète, ça roule". Jeudi, ce même client me propose une super idée, pour une fois, je suis au taquet. Vendredi, je me mets à bosser et en milieu d'aprèm en France soit le soir chez moi, j'ai un mail pour me dire: "Euh ben en fait, euh, on va attendre 2 mois, parce que là c'est un peu le bordel". Je pense que je vais proposer des séances de coaching, dans le genre: "comment prendre le temps permet de répondre à une situation de crise?". Le concept slow, ça marche aussi bien dans la gestion d'entreprise et la prise de décisions. Passons!
Cette semaine il y a aussi eu au boulot un client qui a disparu de la surface de la terre. J'ai 2 factures qui attendent d'être réglées. Le client ne donne pas signe de vie. Comme c'est une agence, j'ai comme un doute sur le fait qu'ils soient tous en réanimation. Déjà qu'en temps normal être freelance c'est un statut putain de précaire, mais là, avec le bordel du Coronavirus, c'est encore pire. En attendant, j'ai envoyé une lettre de relance. Et même le riz ça fait partie des repas quotidiens ici, j'aimerai que ça se résolve vite, histoire de pouvoir le payer ce foutu riz!

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Ahhh mais pourquoi j'ai bu autant???

Cette semaine on a aussi rencontré deux français en vacances: Jess et Dim. C'est ce qu'on aime bien à Kanchanaburi c'est qu'on rencontre régulièrement des gens sympas. (A Kuala par exemple, c'est très différent...) Eux aussi sont emmerdés avec le virus, ils devaient repartir en France depuis le Cambodge mais visiblement on ne peut plus y rentrer. Ils vont devoir trouver une solution. Et avec les compagnies aériennes, c'est aussi le what the fuck qui prime. Il faut s'armer de patience et de courage pour modifier un vol. Ca n'a pas l'air d'être une partie de plaisir! Mais passons! Jess et Dim sont deux potes d'une quarantaine d'années qui sont venus en Asie pour les vacances. Ce sont d'anciens militaires et ils m'ont montré que tu pouvais avoir été dans l'armée et ne pas forcément être un trou du cul fini qui vote FN. Bien au contraire. On a eu de belles conversations à propos d'un tas de choses. Beaucoup d'écoute et de compréhension. C'est kiffant surtout qu'en ce moment, dès qu'on ouvre les réseaux sociaux ou qu'on veut lire les infos, le climat est anxiogène ++.
Jeudi soir, on les a emmenés au bord de la rivière pour boire "un" verre et manger un barbecue thaï. Coup de bol parce que vendredi le gouvernement prenait la décision de fermer les bars et autres dans les grandes villes. Ca ne tardera pas à ce que ce soit la même chose dans notre bled. (Kanchanaburi n'est définitivement pas une grande ville!)Et donc jeudi, c'était apéro, barbecue thaï et beaucoup de bières. Beaucoup trop de bières pour moi. Je ne bois quasiment plus d'alcool depuis des mois. Et le vendredi matin, je me suis rappeler du pourquoi je ne buvais plus. Même si je n'avais pas mal au crâne, c'est dur de bosser en ayant encore 4 grammes. J'ai essayé quelques heures, j'ai fini par rendre les armes et me poser dans la chambre sous la clim avec une série.
Jess et Dim sont partis samedi matin. On espère qu'ils pourront rentrer en France sans trop d'emmerdes avant la fin du mois. On leur a dit aussi que s'ils voulaient, ils pouvaient revenir, nous on bougeait pas! Ahah! Jess et Dim sont une belle rencontre. Ca faisait longtemps (peut-être depuis la dernière fois qu'on était ici d'ailleurs) qu'on n'avait pas rencontré de gens avec qui ça accroche aussi bien.

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8 commentaires


  1. J’ai adoré lire ce journal de bord de l’autre coté de la planète, ça change ! Bon courage pour la suite de vos aventures, en France c’est clairement le bazar, les gens sortent quand même, à croire que c’est trop demander de rester chez soi. M’enfin au moins, j’ai du temps pour moi, donc c’est positif !

    1. Author

      Ca c’est chouette de voir le positif dans cette situation exceptionnelle. Quand on voit les infos en France, on évite de juger les gens qui sortent. Ca ne me semble pas très malin, surtout après une semaine de confinement. Dans un mois, le besoin d’aller faire un tour sera plus important encore. Et je me dis que je serais capable d’aller faire un footing alors que je déteste ça. Juste histoire de prendre l’air.
      Même si en Thaïlande, on n’a pas de consignes qui nous poussent à rester à l’intérieur, on la joue safe: on bouge pour manger et c’est à peu près tout. On ne change pas de villes tous les 3 jours comme les touristes. Tant qu’à faire, autant éviter de véhiculer le virus malgré nous.
      Je suis heureuse de voir que ce “journal” t’ait plu. Ca m’encourage à continuer pour les semaines à venir 😉 Merci de ton commentaire 😉






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