Spéciale dédicace à Marine, à qui j’ai dit que j’écrirai un article à ce propos quand je n’aurais pas la flemme. J’écris peu en ce moment sur notre quotidien en Asie, je manque d’envie et de motivation. Mais pour le coup, je vais parler d’un sujet ultra glamour: Les poubelles! Bah oui, l’écologie est au coeur des préoccupations chez les européens, il y a eu le scandale des poubelles françaises envoyées en Asie et tout ça. Donc, je vais prendre le temps quelques instants de vous parler des poubelles que l’on voit ici en Asie, de ce que ça implique, des différences entre ici et chez vous et tout ça! En réalité, il y aura deux articles, vu que je me suis rendue compte qu’il y avait des choses à raconter au final. Vous êtes sur la première partie, consacrée aux pays de l’Asie du Sud. Un autre article à propos des déchets dans le sud est de l’Asie arrivera bientôt.

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La gestion des déchets dans les pays d’Asie du sud dans lesquels nous avons vécu

La gestion des déchets en Inde

L’Inde est souvent considéré comme un pays supra dégueulasse dans notre imaginaire de Français. En réalité, la culture est très, très différente. Je crois que je pourrais écrire un article à part entière à ce propos (celui des déchets en Inde), mais je vais essayer d’être concise. Globalement, les déchets sont brûlés par les habitants, ça ne sent pas la rose. Il n’y a pas de ramassage comme chez nous, tous les 2 à 3 jours, avec les traitements qui sont associés. Il y a un ramassage à Pondy, les poubelles sont de grands conteners rouillés souvent à l’angle d’une rue et selon le quartier, la poubelle est vidée plus ou moins régulièrement. Selon le quartiers, les déchets ne sont pas les mêmes. Là où on vit à Pondy, les voisins ont souvent des poubelles assez vertes composées d’aliments. Elles sont jetées tous les jours pour éviter d’avoir des ras et autres nuisibles. (Les maisons indiennes sont relativement propres, lavées à grande eau tous les jours). Hors Pondy, on a vécu pas mal de temps à Varanasi, dans la vieille ville. Les poubelles à Varanasi nous perturbent. En fait, c’est simple: Pas de sacs poubelles et “on” jette le contenu à même le sol le soir. Pendant la nuit, des agents nettoient la rue et le lendemain matin, c’est nickel. (Ils passent avec un chariot bruyant pour ramasser et balayer plusieurs fois dans la nuit, je peux vous le dire vu que c’est l’une des choses qui me dérange dans mon sommeil…)
Alors qu’on apprend depuis tout petit à ne pas jeter les papiers au sol, ici, c’est très différent. C’est normal pour les gens d’un certain âge (à partir d’une quarantaine d’années) de laisser choir le déchet. Laisser choir, c’est vraiment l’expression qui va avec le geste. j’ai eu le temps de la chercher. Ca ne tombe pas in-intentionnellement, Ce n’est pas jeté. Bref, il y a encore quelques jours j’ai vu une dame laisser choir son gobelet de chai quand elle l’avait fini. Le gars du chai qui aime avoir un espace propre (même s’il est sur les ghats) lui a fait remarqué et elle l’a ramassé pour le jeter. Les jeunes le font moins je trouve. En revanche, on nous a déjà regardé bizarre quand on a dérivé vers une poubelle pour mettre nos déchets dedans. Ce n’est pas automatique comme en France.
Le soucis du train en Inde. Ca aussi, il faut que je vous en parle parce que le train est une expérience à vivre en Inde. Les trajets durent longtemps la grande majorité des cas. Il fait chaud donc on boit beaucoup d’eau. (Un vendeur passe régulièrement dans les wagons en criant: “Panni Bottle”) Sauf que la bouteille d’eau une fois finie passe par la fenêtre. J’ai demandé une fois à un contrôleur où se trouvait la poubelle, il m’a montré une trappe qui donnait sur les rails. Ahah! Bref, la bouteille d’eau, le papier journal gras qui enveloppaient les samosas, le trognon de pomme passent par la fenêtre. C’est dur à faire quand on est français. Mais on a remarqué que la bouteille d’eau le long des rails étaient ramassés par des enfants. Le ramassage des déchets – et pas qu’en Inde – notamment les bouteilles en plastique sont récupérées par des familles généralement très pauvres et revendues. En Inde, on se doute que c’est fait par des intouchables. Mais ce n’est pas le seul pays qui fait ça.

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Les indiens et leur manière toute particulière de respecter les panneaux ! (Ca marche aussi avec le “Ne pas stationner” et le “Ne pas klaxonner”)

La gestion des déchets au Népal

Brûler les déchets se fait aussi au Népal. Quelle douce sensation de fumer une clope au balcon à Pokhrara et avoir la fumée des poubelles en pleine tronche… On n’est allé qu’un mois au Népal et c’était au début de notre nouvelle vie. On n’avait pas encore le réflexe d’y prêter attention. On vous montre souvent l’Himalaya salopé de déchets. Je n’ai pas de mal à y croire, en revanche, j’ai comme un doute sur le fait que ce soit les népalais qui salopent. Je ne suis pas certaine que les touristes faisant des treks dans l’Himalaya – ou ailleurs – soient sensibilisés avant de partir. Trekker au Népal c’est une des activités touristiques principales, avec toutes les dérives que cela peut comporter.

La gestion des déchets au Sri Lanka

Là aussi les déchets sont brûlés. En revanche à Colombo, il y a un service de nettoyage des rues qui m’a semblé assez efficace. Ils font aussi le tri. D’un côté les poubelles type: tissus, plastique, métal. De l’autre côté le reste. Les déchets au Sri Lanka ce n’est pas ce qui m’a le plus marqué sauf à Galle, où au final, sur la “digue” il y a des espèces de décharges sauvages. Ca pue, c’est dégueulasse, voilà. Le plus perturbant au Sri Lanka à mon sens est la pollution liée à la circulation, c’est très difficile de respirer.

poubelle plage sri lanka galle
Jolie bouteille et coquillages au Sri Lanka sur la plage de Galle

La pollution des cours d’eau et des plages en Inde

Le Gange – fleuve sacré

Avant de voir le Gange pour la première fois, je m’attendais à voir des sacs poubelles pleins flotter sur le fleuve sacré. En fait, non! Mais si tu suis bien, ils n’utilisent pas de sacs poubelles. En revanche, je n’irai pas prendre un bain dans le Gange à Varanasi pour autant. C’est un lieu de vie à Varanasi et un lieu sacré qui représente Shiva. Bref, selon les endroits du Gange, les gens se baignent pour nager, se baignent pour prier, se baignent pour se laver avec du savon, les buffles qui prennent leur bain. Il y a des gens qui font des lessives. Il y a deux spots de crémations où les cendres du défunt sont jetées dans le Gange (même si tout n’a pas cramé correctement..). Il y a les égouts d’au moins la vieille ville qui se jettent dans le Gange, ça évite qu’on soit inondé en période de mousson. Idem, toute la poussière, pollution accumulée quand il ne pleut pas qui finit dans le fleuve. Sans compter les usines en amont qui ne déversent pas des petites fleurs toutes mignonnes dans la flotte. On est en période de mousson, j’écris cet article depuis Varanasi. On voit le Gange monter à vue d’oeil et recouvrir les marches qui composent les ghats. On voit aussi la végétation du Gange remonter et être emportée.
On n’a pas encore fait Calcutta. Je pense que je mettrai à jour cet article une fois qu’on aura découvert cette ville qui est considérée comme l’une des villes les plus crades de l’Inde. On n’a pas fait Bangalore non plus dans le sud qui est une ville victime de l’urbanisation et qui croule sous les déchets.

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La monté des eaux du Gange (photo prise hier matin pendant ma promenade…) Généralement, c’est beaucoup moins dégueulasse.

Les plages indiennes

Pour les plages, ça dépend, ça dépasse. On en a fait plusieurs: la plage de Puri en Odissa qui est initialement une ville sacrée, la plage d’Arambole à Goa, la plage de Varkala et deux plages à Pondy. A Fort Cochin, il n’y a pas de plages à proprement parlé. Et dans mes souvenirs, on a vu la mer à Bombay mais pas la plage.
Varkala dans le Kerala c’est propre. Arambole déjà beaucoup moins, mais on trouve des déchets très touristiques occidentaux notamment des canettes de bière. Goa est réputé pour ses fêtes sur la plage avec tout ce que cela implique. On y est allé à la fin de la saison touristique, ce n’était pas très clean. En pleine saison, ça doit être pire un lendemain de fête. Puri, je n’ai pas le souvenir d’une plage sale outre mesure. On est allé se baigner à l’écart de la plage touristique, histoire que je puisse me mettre en maillot de bain et que j’ai pas à me baigner tout habillée. Enfin Pondy, cela dépend de la plage. Parfois pour rentrer dans notre quartier, on passe par la côte. Selon les coins, ça pue. Les égouts / les canaux se jettent dans la mer sans cérémonies. Il y a quelques micro plages, surtout salies par des déchets liés à la pêche, comme les filets de pêche. Et puis, ça aussi c’est assez indien, s’ils ont la grosse commission pressente, ils font dans le sable. C’est cadeau! (Je reviens après sur ce propos!). On a fait une plage qui était relativement propre. En revanche, celle du phare est dégueulasse. J’ai réussi à marcher dans une crotte de chien (ou pas de chien…) mais c’est limite un point presque mignon.
A Kanyakumari, c’est différent. Une partie de la ville située sur l’une des deux côtes porte encore les stigmates du Tsunami de 2004. Des digues ont été remblayées par des déchets textiles. Certaines maisons sont encore en ruine. Ce n’est pas la partie touristique de la ville.

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Cochin, l’art transforme les déchets…

Les canaux au coeur des villes

La plupart des villes indiennes sont traversées par des canaux / égouts à ciel ouverts. On connait “bien” ceux de Pondicherry. On en a pourtant croisé d’autres. Que dire? Ca sent très mauvais, on n’a pas envie d’y tomber par inadvertance. En saison sèche, ils sont presque vides. Ceux de Pondy sont un héritage français. Globalement, ce sont des espaces très dégueulasses. Mais le plus dingue c’est que les gens vivent près des canaux. On se doute bien qu’au niveau sanitaire, ce n’est pas la panacée. Ailleurs, ces canaux sont souvent remplis de déchets.

Deux actions de longue haleine en Inde

Ce que je viens de vous dire doit vous faire penser que les pays dans lesquels on vit sont des décharges. Non, la propreté est différente. Je trouve la France trop aseptisée, elle ne sent rien. C’est dommage. Mais bref, j’aime parler avec ma grand-mère ou celle de Flo parce qu’elles ont connu certaines choses qui se produisent encore en Inde. Comme le fait de ne pas avoir d’eau courante dans la maison, mais un robinet pour la rue. Comme les gamins qui jouent dans la rue avec les habitants qui veillent même si ce n’est pas leurs gosses. Comme les immondices dans lesquels mon père jouait quand il était enfant… L’Inde fait des efforts. Comme je l’ai dit, il y a peu de jeunes qui jettent au sol leurs déchets. Et il y a des décisions politiques qui sont prises.

L’odeur de pipi et les toilettes publiques

En France, les édicules n’existent quasiment plus. Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne nouvelle, mais ce n’est pas le propos. Quand j’ai appris l’Inde à l’école, le problème des toilettes était connu. Le gamin qui fait caca sur les rails de chemin de fer, c’est une image que l’on connait tous. Mais cette image est en train de changer. Selon les villes, selon les quartiers, il y a plus ou moins de chiottes publiques. Tout le monde en Inde n’a pas une salle de bain ou des toilettes dans la maison. Dans notre rue à Pondy, il y a des “maisons” qui sont en réalité une pièce avec 4 murs et un toit en tôle. La douche se fait dans la rue. Les toilettes sont des toilettes publiques. On a remarqué que les toilettes de notre quartiers étaient bien plus propres et sentaient bien moins que les toilettes publiques dans le quartier français ou le quartier tamil. D’ailleurs dans ce dernier, on a vu une paire de vieux chier derrière une voiture. Même si la ville de Pondy essaye de sensibiliser la population à aller dans les toilettes publics et ne pas faire contre le couvent, les odeurs de pisse sont tenaces, comme les habitudes. Les nouvelles générations changeront cela. Partout en ville en Inde, il est possible de trouver des toilettes publiques. Même si en France cet usage est désuet, il ne l’est pas ici. Il permet aussi d’avoir une ville plus propre et plus saine. Bon soyez rassuré, si vous voyagez en Inde, vous aurez parfois votre odorat qui sera surchargé d’odeur d’urine mais ça ne dure généralement pas. Dernière anecdote glamour à propos de l’odeur de pipi, cette odeur indique qu’on arrive près d’une gare quand on est dans le train. Ce dure quelques instants, mais ça sent la pisse avant d’arriver en gare.

La lutte contre les sacs plastiques en Inde

Modi ne fait pas que des choses mal, il a pris une ou deux initiatives qui nous parlent, dont celle d’interdire les sacs plastique. On pensait que ce serait difficile et pourtant, je trouve que ça marche assez bien. On s’en rend compte à ce dernier visa puisque la loi est passée depuis la dernière fois que l’on est venu. Il y avait déjà une culture du sac réutilisable, en tissus imprimé (souvent assez kitsch!). Là, ce sont peut-être plus les jeunes qu’il faut convertir que les anciens. Et comme pour beaucoup de choses, la loi est plus appliquée dans le nord que dans le sud. Maintenant, quand on a va faire des courses dans le shop d’à côté, les sacs ne sont plus donnés systématiquement. Idem pour la streetfood, même si avouons-le, pour transporter de la nourriture, le plastique reste pratique. On a souvent dans les petits bouiboui, la récup’ de journal, pour emballer la bouffe ou encore pour s’essuyer les mains après les avoir lavées. Ce qu’on regrette c’est que les flics rackettent les commerçants qui continuent d’utiliser les sacs plastique. On l’a vu il y a quelques semaines la veille de la visite de Modi à Varanasi. Les flics sont passés dans tous les shops et ils ont mis à l’amende les commerçants, parfois de manière abusive. A mon sens, l’Inde n’a jamais été le pire pays au niveau des sacs et emballages plastiques. Mais je vous expliquerai tout ça dans l’article consacré au sud est de l’Asie.

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Pondicherry – 2019
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Pondicherry
dechet pondicherry centre tri
“Centre” de tri dans Pondicherry – Il y en a dans tous les quartiers, ce ne sont pas des centres gouvernementaux

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dechet ruelle varanasi
Non, ce qui est intéressant sur la photo n’est pas le regard de tueur de Flo mais la poubelle à côté de lui. Photo prise à Varanasi – 2019
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Le tri à l’indienne
dechet varanasi inde ruelles
Quand les déchets ne sont pas ramassés la nuit dans la vieille ville de Varanasi… C’est la vue de notre chambre. Toutes les ruelles étaient remplies de poubelles (et de bouses de vache). Heureusement, ça n’arrive pas souvent. (Varanasi – 2019)
poubelle inde tamil nadu
Tamil Nadu en 2017, près d’Auroville. Même les lieux sacrés ne sont pas forcément plus propres…
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Se promener dans Auroville et voir des déchets hors sentiers battus. Auroville est l’exemple du traitement à 2 vitesses des déchets. Les touristes doivent trier (de manière drastique), mais c’est à se demander si ce n’est pas de la poudre aux yeux…
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Les containers de poubelles dans le Tamil Nadu… Généralement ils sont à l’angle d’une rue.