Il y a deux ans, on était encore en France et on était en train de préparer notre départ. On vendait nos affaires, on faisait du tri, on commençait sérieusement à dire au revoir à nos proches. On connaissait notre destination, mais on était loin de s’imaginer ce que notre changement de vie nous réservait. Il y a deux ans, je ne sortais jamais sans mes anti-dépresseurs, je commençais à peine à lever le pied niveau boulot et je n’étais pas spécialement bien dans mes baskets (enfin dans mes Doc Martens) et dans ma vie. Partir a été l’une des meilleures décisions que j’ai prise dans ma vie. Cela m’a apporté beaucoup de choses, dont une vie simple. Je t’explique!


Partir pour casser un engrenage

Je viens de t’expliquer dans les grandes lignes qu’avant de quitter la France, ma vie n’était pas toute rose. Je la voyais en noir et je n’avais pas spécialement d’espoir d’amélioration. C’était un cercle vicieux qui m’emmenait toujours plus bas. Je suis partie de la France en colère – en colère contre le pays. Même après tout ce temps, je le suis encore. Ca passera peut-être mais pour l’instant, il n’est pas concevable pour moi de rentrer en France, même pour des vacances. (Je préférerai me chopper une bonne tourista!)

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En lâchant tout en France et en partant en Asie, cela a remis les pendules à l’heure. Le milieu dans lequel on évolue depuis octobre 2016 et tellement différent de celui qu’on connaissait en France! En même temps, tu dois facilement imaginer les grandes différences entre Dunkerque et Pondicherry. Au départ, on était parti pour s’installer en Inde (Oh! douce utopie…) et au final ce n’était que le début d’un long voyage pour lequel on a décidé de prendre notre temps et ne pas avoir de destination finale. (Rien à voir avec le film!) Après près de deux ans, après 3 mois plus sédentaires au Laos, je peux te dire que la dynamique du voyage 1/ est faite pour moi 2/ casse toutes les mauvaises  habitudes qu’on connait en étant statique à un endroit donné.
Je n’ai pas super kiffé mes 3 mois à Luang Prabang – tout comme les visas précédents – je dois être un poil masochiste pour y retourner à chaque fois! Je cherche à faire la part des choses ici mais j’ai compris que la vie sédentaire n’était pas faite pour moi – du moins dans l’ancien comptoir français. Cette pause, cette nouvelle manière de vivre (à côtoyer des expats, entre autre) est une dynamique qui ne me correspond pas des masses. Et je sens dans mon coeur et dans mes veines, le sérieux besoin d’aller voir ailleurs si j’y suis, de bouger vers d’autres contrées. Et putain, surtout, sortir de la routine!
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La simplicité du voyage

Depuis qu’on est parti, j’ai souvent des messages d’amis et d’inconnus qui me félicitent pour mon parcours et qui me disent qu’ils aimeraient bien partir aussi, mais ne franchissent pas le pas pour différentes raisons. Je ne juge pas, je n’aurais jamais imaginer prendre mon sac et partir à plusieurs milliers de kilomètres 6 mois avant de partir. C’était inimaginable, jusqu’au jour où c’est devenu imaginable, puis ma réalité. Pour moi, c’est beaucoup plus facile d’être en Asie, de vivre en tant que nomade, plutôt que d’être en France avec le métro, boulot, dodo. Ca m’a tué de savoir qu’une de mes très bonne copine à Dunkerque était en arrêt depuis plusieurs mois pour Burn Out. Au final, je ne suis peut-être pas la seule à ne pas trouver ma place en France et avoir une vie qui s’avérait compliquée là-bas.
Ce que nous faisons en Asie peut vous sembler compliqué. On est capable de faire de nombreuses heures de trajets en bus – rarement moins de 10, plus souvent aux alentours de 20 ++… On mange dans des bouibouis qui ne semblent pas très propres, qui expose la viande au bord de la route. On ne parle généralement pas la langue des pays qu’on visite, même si Flo parle quelques mots de laotiens et qu’ils se fait comprendre plutôt très bien. On n’a pas de chez nous à proprement parlé. On n’a pas beaucoup d’affaires. Et pourtant, à mon sens, nous avons une vie hyper simple.

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Si j’ai envie de manger à 9h du matin ou à 15h, je peux. Si j’ai besoin de PQ à 21h, je n’ai pas besoin de prendre la voiture pour aller au supermarché, je vais au bout de la rue. Si j’ai besoin de médocs (à l’exception du Laos, on s’entend!), je n’ai pas besoin d’aller chez le médecin, je vais à la pharmacie et même si je n’ai pas la sécu, je paye sensiblement moins cher qu’en France. Si on est perdu (ça arrive), bah on demande notre route. Et dans la grande majorité des cas, on aura une réponse, parfois pas la bonne, mais nos interlocuteurs sont gentils et bienveillants. On a eu des moments de galère, mais dans ces moments, on a toujours eu des gens qui nous ont aidé. Comme à Chennai, quand on est tombé dans une émeute, des indiens ont pris soin de nous le temps que ça se calme. A Penang quand notre workaway était foireux, on est tombé sur une dame qui nous a aidé à prendre le bus. A Luang Prabang, quand le gérant de la guesthouse a voulu me frapper, mon frère et Momo étaient là, prêt à appeler des renforts. (Mon frère s’est pointé avec un de ses staffs, juste pour faire flipper le chinois!) Bref, vous l’avez compris, à mon sens, c’est bien plus simple de vivre sur la route que d’avoir un appart en France avec tout ce que ça implique.

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Bref, je tenais à écrire cet article, non pas pour vous dire Oh combien ma vie est merveilleuse en Asie (c’est le cas, mais on s’en fout) Je voulais vous montrer que la complexité n’était pas nécessairement dans le fait de voyager. C’est juste une manière différente de vivre. Si vous vous tâtez à tout lâcher pour voir ailleurs si vous y êtes, je vous encourage à sauter le pas, vous avez beaucoup à gagner! (Et pas qu’en simplicité!)