Cocon de décoration: le blog

Normalement, on avait prévu après Auroville d’aller à Hyderabad. Vu qu’on avait une connexion web un peu à chier et qu’on s’y est pris comme des pieds, on a changé nos plans et on est allé à Chennai. Au départ, cette grande ville ne nous bottait pas. Et on pense qu’on y retournera plus. Ce n’est pas forcément ce qu’on attend de l’Inde. Néanmoins, ces quelques jours passés à Chennai n’ont pas été de tout repos.

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Notre baptême en bus en Inde

On était très fiers, pendant tout notre séjour à Pondicherry, nous n’avions utilisé que nos pieds en matière de transport. A Auroville, on a un peu plus craqué et on a utilisé de temps en temps le rickshaw, histoire d’aller se ressourcer à Pondy. Et puis, on devait migrer ! On a donc décidé de prendre le bus. A près moult tentatives pour réserver un bus climatisé – en vain – on s’est décidé à prendre un bus gouvernemental. Autrement dit, un bus pas cher mais tout déglingué ! On a mis 4h pour arriver à Chennai, avec les courants d’air chaud, la fumée des déchets qui brûlent aux bords de la route, avec les moult indiens qui dorment, même dans l’allée centrale du bus, avec les bruits du bus… Bref, c’était une expérience assez sympa. 4H c’était suffisant ! En tout cas, dans ce bus là !
Parce que oui, après, on a pris deux autres bus pour arriver à notre Air Bnb, qui d’ailleurs était formidable ! En tout, on a du faire 6h de bus, pour même pas avancer de 200km. C’est ça le bus, en Inde !

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Chennai, une atmosphère particulière

Je m’attendais à voir des déchets partout, des routes à la Auroville en terre battue… Rien de tout ça. On sent que c’est pollué, mais c’est assez propre. On a fait deux quartiers différents de Chennai. Notre Air Bnb était dans le sud, alors que l’hôtel dans lequel nous sommes allés par la suite était plus au nord. On est allé se promener. On a vu beaucoup de constructions en cours ou toutes neuves. Il y a beaucoup d’immeubles. Au niveau de l’architecture, Chennai ne casse pas des briques. Même les temples ne sont pas si jolis – pour la plupart. (Ce sont des temples Tamils, comme j’en parle ici, mais ils sont moins bien réalisés). On a eu le sentiment en se promenant, que la ville est quadrillée par des périf’ et qu’entre eux, il y a vaguement de la vie. On a vu seulement quelques rues avec une vie indienne traditionnelle, c’est à dire, quand les gens vivent dehors, se parlent, nous parlent… Sinon, des maisons qui puent le fric, où tout le monde reste à l’intérieur sous la clim’. Très impersonnel. Et on n’est pas dupe, on sait très bien que quelque part, plus loin que ces belles maisons, il y a très probablement des bidonvilles qui pullulent ! (Petite parenthèse : Chennai a été touché par un cyclone en décembre. Il y a eu plusieurs morts, beaucoup de dégâts matériels. On en a vu la preuve, avec un grand nombre d’arbres dont les branches avaient été arrachées ou des arbres qui avaient été déracinés…)

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Par ailleurs, on est arrivé à notre deuxième point de chute, dans un climat de grève. Vous n’en avez sûrement pas entendu parlé, mais le Tamil Nadu était en plein débat sur Jallikatu. Jallikatu, c’est un événement particulier dans la région. C’est au même moment que Pongal, une fête hindoue pour célébrer la moisson. Mais même si les vaches sont au centre d’intérêt de Jallikatu et Pongal, ce sont deux choses différentes. Jallikatu, c’est visiblement un peu similaire à la corrida, sauf que là, la bête n’est pas blessée. Jusque là, ça va. Mais cette année, il y a PETA, l’association qui protège les animaux que je n’estime pas des masses d’ailleurs, qui a décidé de s’en mêler. Et pour bien faire, la PETA a voulu que Jallikatu soit interdit. Ahah ! Les indiens n’étaient clairement pas d’accord. Il y a eu de nombreuses manifestations, des milliers de personnes sont allées à la marina pour protester de manière pacifique. Et il y a eu une grève. Plus de bus, plus de commerces, plus rien… Bizarre comme ambiance ! (Ce n’est pas notre première fois, on y a déjà eu le droit en étant à Pondy, à l’occasion du décès de Jayalalithaa, une ministre très aimée dans le Tamil Nadu).
Enfin, pour terminer cette atmosphère saoulante, on en a chié féroce pour réserver la suite de notre voyage. Ca nous a pourri une paire d’heure. Ca a causé aussi un stress énorme ! On savait que les trains en Inde ce n’était pas forcément de tout repos. Et les emmerdes ont commencé juste en voulant réserver notre train.

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Partir de Chennai = mission impossible ou presque!

Comme je viens de le dire, on en a chié pour réserver notre train. On a perdu 3 demies journées, pour au final passer par une agence. 4 h avant le départ de notre train, on avait nos billets. Danse de la joie! (Furtive la danse de la joie!)
Comme je ne suis pas une fan de ce que je ne connais pas (je me force à sortir de ma zone de confort), je presse Flo pour qu’on décolle de l’hôtel assez tôt. On traine un peu mais comme je suis vite pénible, on se met en route. Les gars de l’hôtel, super sympas, nous proposent de réserver un Uber… Ils nous expliquent que les Uber ne vont pas à la gare à cause des manifestations, donc ils vont voir avec un rickshaw. La même! Ok, ok! Comme on est des courageux, on part en plein cagnard à la recherche d’un tuctuc, avec nos gros sacs à dos. On a demandé à 4 ou 5 tuctucs avant de se résigner à partir à pied, tout seuls comme des grands, sous 35°, pour 6km. On avance, on en chie. Flo se demande comment je trouve la force de discuter avec une demoiselle en uniforme et sa maman. Tout connement, ça me fait oublier que j’en chie comme une connasse! On avance. Les voitures sont arrêtées sur la route. Les bus aussi. On galère pour marcher entre les voitures arrêtées, les motos, les gens et nos gros sacs. On avance. On avance. On galère mais on avance.

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Au bout d’un moment, on croise un gars qui nous prévient du danger, qu’il vaudrait mieux qu’on reste où on est. Oui, oui, vous êtes très gentils monsieur, mais on a un train à prendre, nous! … On avance. Un deuxième homme nous prévient. Pour vous la faire courte, on a croisé 4 ou 5 gars qui nous ont priés de ne pas avancer plus et de retourner de où on venait. Faut savoir qu’à Chennai, y’a qu’une route pour aller à cette foutue gare centrale. Et on a appris à nos dépends, qu’ils avaient bloqué cette putain de route et qu’il y avait une émeute. On avance et au bout d’un moment, on voit des flammes, un feu… Ahah! On a l’air con! Julie pleine d’espoir et de volonté pour chopper son train et partir de cette maudite ville, échafaude un plan – plan foireux d’ailleurs. (Si on suit le mur, limite si on ne fait plus qu’un avec le mur et nos gros sacs, on arrivera à passer! #jecroisauxlicornes) Bref, c’était foireux. On nous a invité à entrer dans un petit cul de sac pour nous mettre à l’abri. On était à 5 m de la bagnole qui prenait feu. Yeah!

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Dans cette petite rue, on a eu de la chance. Les gens étaient incroyablement gentils. Ils ont rempli notre bouteille d’eau, nous ont proposé de manger un lunch, des biscuits… On a cru entendre ma grand-mère quand la dame nous a proposé des biscuits. (Faut savoir que chez ma grand-mère, tu ne pars pas tout le temps que tu n’as pas entamé une boite de biscuits!). Ca nous a fait du bien aussi de poser nos sacs à dos. On a vu des gens courir, des flics courir après les gens. Plusieurs fois. Et après, on a pu y aller, avec l’approbation des hommes qui étaient dans la ruelle avec nous. On est passé à 2 ou 3 m de la voiture qui brulait. On est reparti vers la gare.
Gros coup de bol, on est arrivé à l’heure. Gros coup de pas de bol, on a jamais trouvé ce foutu train! Il n’était affiché nul part. On a demandé aux flics de l’aide. 5 flics, 5 sons de cloches différents. On a fait les 2 ailes de la gare en long, en large et en travers, toujours avec nos sacs sur le dos. On a fini par croire l’un des flics: notre train avait été partiellement annulé. On pouvait aller le prendre à 25km de Chennai. Mais pour y aller, fallait prendre un bus – bus qui ne roulait pas à cause des émeutes! Ahah! Fallait voir nos tronches! On a décidé d’aller fumer une clope, au moins ça nous permettait de presque souffler dans le bordel ambiant!

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Une clope, deux clopes, Julie qui manque de tomber dans les pommes (fatigue + stress + juste un café dans l’estomac + chaleur + douleurs à cause du petit sac de voyage + ras le bol). Flo me propose qu’on rentre à l’hôtel d’où on venait pour souffler et trouver une solution et un endroit pour passer la nuit. On est rentré en rickshaw: 2h, 700 roupies, pour faire 6km. Une arnaque mais c’était toujours mieux que de marcher avec nos sacs et retomber dans un blocage, surtout avec la nuit qui tombe tôt. On est rentré à l’hôtel, ils nous ont pris pour des fous d’avoir marcher autant. (Yeah! On est tarés!). On a pu avoir un lit chacun dans le dortoir. Et on a réservé un avion!
L’avion c’est plus cher que le train, mais après la journée de merde qu’on venait de passer, on voulait absolument quitter Chennai. On savait qu’il n’y avait qu’un train par semaine vers Puri, celui qui venait d’être annulé. On n’allait pas rester une semaine de plus. On ne savait pas si la gare allait encore être bloquée. Mais on avait vu que l’aéroport était sain et sauf. Tant pis, on prend l’avion. Le lendemain, on est parti à 7h du matin, pour être sûrs de ne pas louper notre avion qui décollait à midi. Tout s’est bien passé. Un vrai bonheur, surtout après notre aventure de la veille! Et le soir on est arrivé à Puri, un petite ville sacrée en Inde.

Je n’ai pas fait beaucoup de photos de Chennai. Ce n’est pas comme s’il y avait beaucoup à visiter, surtout avec tout ce que j’ai énuméré précédemment… Promis, je vais me rattraper avec le prochain article sur Puri!

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